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ÉDITIONS ASSOCIATIVES NOUVEAUX DÉLITS - Page 20

  • Revue Nouveaux Délits, le NUMÉRO 54

     

     

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    Avril-Mai-Juin 2016

     

     

    Exister est un écartèlement permanent. Entre spleen et idéal pensait Baudelaire, mais savoir vivre c’est savoir accepter sans se résigner, savoir lâcher-prise sans lâcher la main de l’autre. Renoncer au bonheur mirage, ces innombrables projections du système sur l’écran de nos désirs jusqu’au viol même de notre intégrité. Achète, consomme, travaille encore pour acheter, consommer sans poser de question et tu seras heureux. Pas encore aujourd’hui, mais demain, oui c’est certain. C’est prouvé par la science. Demain sera le grand jour, demain tu seras riche, le héros de ta vie, admiré, adulé, envié, car tu le mérites. Avec ce qu’il faut de peur pour avoir besoin de se protéger derrière des remparts d’achats sécurisants.

     

    Il y a les belles choses, les savoureuses et ce ne sont pas des choses, mais des êtres et des sentiments, des émotions, des sensations, des échanges, des partages, des solitudes aussi, pleines et débordantes de vie.

     

    Il y a les peurs oui, innombrables, envahissantes, les mauvais pressentiments, les ennuis à répétition, les injustices, les coups du sort qui s’acharne et tout ce qu’il faudrait comprendre pour transformer, se transformer soi sans savoir s’il faut avancer ou reculer, s’il faut ci, s’il faut ça…. La mécanique enrayée du mental. L’envie de dormir.

     

    L’argent reste le problème omniprésent, omnipotent, un piège infâme, le plus toxique des mirages, la plus cruelle des machettes. Cette peur de manquer, de chuter encore plus bas, cette tache sur soi qui s’agrandit et nous définit plus que n’importe quoi d’autre : pauvre. C’est immonde d’être défini par cette tache, tout le monde le sait, mais rien ne change, une seule chose compte : en avoir ou ne pas en avoir. Dans une société aussi férocement individualiste que la nôtre, ce qui fait lien c’est « en avoir », ce qui ouvre toutes les portes, aussi vaines soient-elles, c’est « en avoir beaucoup ».

     

    Une seule planète, plusieurs mondes qui ne se côtoient pas. L’un d’eux est en train de dévorer tous les autres.

     

    Cg, extrait de ©Ourse (bi)polaire

     

     

    Je suis pauvre et nu, mais je suis le chef de la nation. Nous ne voulons pas de richesse mais nous tenons à instruire correctement nos enfants. Les richesses ne nous serviraient à rien. Nous ne pourrions pas les emporter avec nous dans l’autre monde. Nous ne voulons pas de richesses. Nous voulons la paix et l’amour.

    Red Cloud Chef Sioux Oglala

     

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    AU SOMMAIRE

      

    Délit de poésie : Céline Escouteloup, Christophe Réal, Marine Gross, Vincent, Heptanes Fraxion

     

    Délit de phénomène au logis : quinze extraits de Vingt d’Hervé Jamin

     

    Résonance : Bienvenue à Calais – Les raisons de la colère, textes de Marie-Françoise Colombani, dessins de Damien Roudeau – Actes Sud, février 2016

     

     

    Comme toujours, les coins de pages se noircissent aux Délits d’(in)citations. 

    Et comme toujours vous trouverez le bulletin de complicité qui fait le malin à la sortie.

     

     

    Illustrateur : Henri Cachau

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    henricachau@free.fr

     

    Villeneuve-sur-Lot 1945, vit et travaille à Rambouillet. Peintre, sculpteur, nouvelliste et poète, a participé à diverses expositions, nationales et internationales ; publie dans de nombreuses revues, papier et 'net' ; organise des expositions, des ateliers ainsi que des soirées poétiques ; en 2003 a publié un recueil de nouvelles intitulé : Le quotidien des choses... Pour plus d'informations voir site : www.henri-cachau.fr

     

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    La femme cependant, de sa bouche de fraise,

    En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,

    Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,

    Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:

    -" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science

    De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.

    Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,

    Et fais rire les vieux du rire des enfants.

    Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,

    La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !

    Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,

    Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,

    Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,

    Timide et libertine, et fragile et robuste,

    Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,

    Les anges impuissants se damneraient pour moi !

     

    Baudelaire

     

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    SOLDE

     

    pour Aimé Césaire

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    dans leurs souliers

    dans leurs smoking

    dans leur plastron

    dans leur faux-col

    dans leur monocle

    dans leur melon

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    avec mes orteils qui ne sont pas faits

    pour transpirer du matin jusqu’au soir qui déshabille

    avec l’emmaillotage qui m’affaiblit les membres

    et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    avec mon cou en cheminée d’usine

    avec ces maux de tête qui cessent

    chaque fois que je salue quelqu’un

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    dans leurs salons

    dans leurs manières

    dans leurs courbettes

    dans leur multiple besoin de singeries

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    avec tout ce qu’ils racontent

    jusqu’à ce qu’ils vous servent l’après-midi

    un peu d’eau chaude

    et des gâteaux enrhumés

     

    Jai limpression dêtre ridicule

    avec les théories qu’ils assaisonnent

    au goût de leurs besoins

    de leurs passions

    de leurs instincts ouverts la nuit

    en forme de paillasson

     

    J’ai l’impression d’être ridicule

    parmi eux complice

    parmi eux souteneur

    parmi eux égorgeur

    les mains effroyablement rouges

    du sang de leur ci-vi-li-sa-tion

     

    Léon-Gontran Damas, poète guyanais, 1937

     

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    Ce poème est extrait de

     

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    Nouveaux Délits - Avril 2016 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits Coupable responsable de tout : Cathy Garcia Illustrateur : Henri Cachau    

    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

     

     

     

     

  • ATELIER ART N°1 - Des personnages habillés de collages

     

    Ce premier atelier a eu lieu deux fois : un groupe de 6 puis un groupe de 4 enfants. 

    Matériel fourni : feuilles à dessin A3 en papier recyclé, patrons cartonnés, papiers à découper (recyclage de magazines), feutres, et pour le deuxième groupe, peinture écologique à base de colorants alimentaires.

    Matériel amené : trousse avec crayon à papier, gomme, ciseau et tube de colle.

     

    Voici donc ci-dessous les œuvres des artistes :

     

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    Azul, 3 ans

     

     

     

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    Coline, 9 ans

     

     

     

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    Emy, 7 ans

     

     

     

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    Hugo, 4 ans

     

     

     

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    Lili, 5 ans

     

     

     

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    Luna, 8 ans

     

     

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    Luna, 8 ans

     

     

     

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     Noëmie, 6 ans

     

     

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    Noëmie, 6 ans

     

     

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    Sabbah, 7 ans

     

     

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    Sabbah, 7 ans

     

     

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    Sabbah, 7 ans

     

     

     

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    Tiziano, 5 ans

     

     

     

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    Zaara, 8 ans

     

     

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    Zaara, 8 ans

     

     

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    Zaara, 8 ans

     

     

    BRAVO ET MERCI LES ENFANTS !  

     

     

     

     

     

  • ATELIERS POUR ENFANTS / LIBRE EXPRESSION ARTISTIQUE/ JEUX D'ÉCRITURE

    Ces ateliers sont proposés et animés par Cathy Garcia, auteur et plasticienne.

     

    Le but est de permettre à chaque enfant, selon son âge et son tempérament, de s'exprimer librement avec les moyens mis à disposition, ils sont accompagnés mais pas dirigés. L'essentiel étant la découverte, l'échange, le plaisir d'imaginer et de faire et surtout d'oser faire, la production finale leur appartient, elle n'a pas pour but premier de plaire aux parents (sourire). Chaque enfant est libre aussi d'inventer, de faire autrement que la proposition de départ, d'où une nécessité également pour l'intervenante d'un ecertaine liberté d'improvisation.  Le but encore, c'est que les enfants repartent à la maison avec des idées et des techniques qu'ils peuvent reproduire seuls.

    Les prochains ateliers seront annoncés et présentés sur ce blog, avec un lien doodle pour fixer la date selon les disponibilités de chacun. Pour les nouveaux parents désirant inscrire leurs enfants, merci d'envoyer vos coordonnées au mail indiqué ci-dessous : nom, prénom, âge des enfants, adresse et n° de téléphone. Vous recevrez alors les renseignements précis pour l'atelier concerné et un plan pour vous y rendre.

     

    Les ateliers se déroulent entre 14h à 16 h (durée et tarif variable selon le type d'atelier). Le goûter tiré du sac est pris en fin de session. Du sirop bio est offert à ceux qui en veulent.

     

    Ateliers expression artistique :

    Durée 1h30 plus le temps du goûter. Groupe de 3 à 9 ans ou de 6 à 12.

    10 € par enfant.

     

    Utilisation de divers matériaux et supports dans un esprit de recyclage, collage, peinture, dessin, fabrication de marionnettes, activités nature, exploration des émotions, exploration et approfondissement des intérêts et goûts personnels de chacun dans l’acte de création.

     

    Ateliers jeux d'écriture, à partir de 6 ans : durée 1h30 plus le temps du goûter.

    8 € par enfant.

    Jouer avec les mots, trouver ça rigolo, se servir de son imagination et se familiariser avec la création littéraire (mais oui !) de façon ludique. Comme pour les ateliers d’art, libérer son expression en sortant de la peur du jugement et de l’auto-jugement. Exploration de tout le très riche panel des jeux littéraires (une bonne centaine) dont acrostiches et anagrammes, cadavres exquis, calligrammes, fabrique de poèmes... Ecrire à partir de support comme des photos, des tableaux, des paysages, des objets ou d'expériences liées au ressenti. Invention d’histoires et de comptines. Découverte de la littérature contemporaine pour les enfants et tout particulièrement la poésie.

     

    L’Association Nouveaux Délits pouvant servir de support pour diffuser les réalisations (en ligne ou en édition papier). 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Manifester votre soutien aux migrants en provenance de Calais et installés à Gourdon

     

    Un groupe de citoyen-ne(s) s'est réuni hier 01/03/2016 et vous propose de manifester votre soutien aux migrants en provenance de Calais et installés à Gourdon, en signant l'appel pétition ICI
     
     

    Voici le premier communiqué de la Mairie de Gourdon 

    Suite au démantèlement de la zone Sud de Calais prononcé par la justice, il a été proposé aux réfugiés qui le souhaitaient un accueil sous forme de CAO (Centre d’accueil et d’orientation) à Gourdon.

    Partis hier à 16h30 de Calais, et après 16h de route via Bordeaux, 14 personnes sont arrivées ce matin (01/03/2016), très fatiguées.

    Il s’agit d’une famille de 6 enfants (de 18 mois à 14 ans) et de 6 jeunes gens, tous originaires d’Afghanistan.

    Immédiatement pris en charge sur place par le CEIIS (comité d’études et d’informations pour l’insertion sociale) et les services de l’Etat, ils ont été accueillis par Monsieur le Sous-Préfet, Le commandant Massot, Mme le Maire et Delphine Soubiroux-Magrez, maire-adjointe autour d’un petit-déjeuner de bienvenue.

    D’autres informations seront communiquées ultérieurement, nous donnons la priorité dans un premier temps au repos de ces personnes.

    Toutes les personnes qui souhaitent proposer leur aide, peuvent laisser leurs coordonnées au secrétariat de la mairie (05 65 27 01 10) ou par mail : contact@gourdon.fr. Elles seront transmises aux travailleurs sociaux du CEIIS.

    Toutes celles qui désirent faire des dons d’objets, de linge, de meubles, peuvent les apporter dans les locaux des Services Techniques Municipaux situés à côté du Dojo (après l’hôpital, direction Les Vitarelles).
     
     
  • Soirée de soutien aux réfugiés de Saint-Antonin-Noble-Val (82)

    Vendredi 12 février, à partir de 19h à la Salle des Thermes de St-Antonin, avec le soutien d'associations locales, une grande belle, longue, chaleureuse et dansante soirée de soutien aux demandeurs d'asile hébergés (pour le moment) sur la commune....
    Tous les artistes, techniciens et organisateurs sont bénévoles. Les bénéfices financiers de la soirée serviront à couvrir les nombreuses dépenses à venir de nos 17 amis (qui ne touchent toujours rien de l'Etat), quant aux innombrables bénéfices humains, ils seront pour tous !
    Des tapas et autres mets salés seront préparés dans la journée du vendredi à Rehoboth (n'hésitez pas à venir filer un coup de main).
    Merci à chacun-e d'apporter des crêpes ou gâteaux le soir. Tout sera vendu sur place à petits prix.
    L'entrée de la salle sera fixé, lui, au dé ou à la roulette (de 1 à 6 €). Une caisse de soutien sera aussi proposée.
    Réservez donc votre soirée et invitez y vos amis !

    Pour avoir des précisions et surtout apporter de l'aide :
    celine.lallemand@free.fr

    19H00 : ouverture avec la Fanfare d'à côté
    20h00 : Le Labo - Chorale de Verfeil (à confirmer)
    20h45 : la Fanfare d'à côté
    21h30 : Surprise sans Papiers
    21h45 : Cinq Oreilles
    23h15 : la Fanfare d'à côté
    23h45 : Bollywood Dance Floor (avec une playlist préparée par nos demandeurs d'asile préférés)

    Informations sur cette page.
    http://www.cotenobleval.org/?p=4478

     

     

     

     

  • Ciné-doc-débat autour de la transition énergétique

    La première réunion publique de l'association « Lot Célé Territoire Vivant » aura lieu le vendredi 12 février, à partir de 18h15 au foyer rural de Tour-de-Faure. Après une présentation de l'association, projection du film documentaire « Demain », traitant des initiatives positives pour un avenir durable, suivi d'un débat autour des options qui s'offrent à nous pour participer localement à la transition énergétique.

    Présentation d'Énercoop par Johann Vacandare vers 20h30. Repas tiré du sac à 21h30.

    Infos : 06 22 74 32 39 / matebbexesen@yahoo.fexr

     

     

     
  • Christian Saint-Paul revient sur le n° 52 dans l'émission Les poètes sur Radio Occitania

     

    Un excellent numéro illustré avec force par Jacques Cauda cité dans une précédente émission, avec ces notes de lecture indispensables à la diffusion des ouvrages, un sommaire toujours riche, le tout sous le ton de la fraternité tendre et militante de Cathy Garcia. Ce sont des poèmes de Marie-Françoise Ghesquier qui sont lus à l’antenne. Cette hispanisante vit près de Chalon-sur-Saône et publie ses poèmes dans les revues Décharge, Comme en Poésie et Traction Brabant.  Elle publie son premier recueil chez Michel Cosem à Encres Vives, puis chez Bruno Msika aux éditions Cardère avec « A hauteur d’ombre », recueil illustré de photos en duo avec Cathy Garcia. Elle dit aimer les esprits frondeurs.

    Lecture d’extraits de « De tout bois si ».

    On tourne en rond

    dans notre bocal de ronces

    Se dessèchent noires pointées

    en sons filés assourdis

    contre les fonds d’herbes

    Les notes du chaos mineur s’égrènent

    en idiomes grumeleux

    ponctués noirs le long des failles

    Faillite du moi

    avec mots cadenassés

    dans l’intervalle

    Parole craquelée à la note forcée

    Tant d’effort pour vivre

    au travers des sons disjoints

    Je renonce note à note       M’

    évapore parmi ronces et fuite d’ailes

    au-delà des buissons démesurés

    ***

    Toute  cette grenaille crible

    au plus fort du silence

    Le sang s’étoile

    aux charnières livides

    des galaxies de paille

    Je décimé par tant d’illusions

    où je m’achève en éclosions

    mortes rouges

    Pétales glosés

    clous ou glaives

    dans la chair des chaumes

    La langue s’insère

    dans les versions

    primitives     glose entre les lignes

    Parole close à l’instant

    sur les lèves

    mangées de coquelicots

    Comment voulez-vous

    que toute notion d’incarnat ?

    Le poème en petite mitraille rouge

    où coupée court

    la phrase

     

    à écouter (émission du 7 janvier :

    http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

     

     

     

     

  • Franck Lepage à Figeac

    Dans le cadre de l'inauguration de l'Astrolabe, Franck Lepage fait halte à Figeac.
    Frank Lepage est connu pour ses « conférences gesticulées ». Un univers d’ailleurs entre spectacle et conférence dans lequel il nous balade et surtout balance. Il démonte les systèmes de la culture et de l'éducation.
    Une autre histoire de la France démocratique, culturelle, sociale, éducative, politique, civique, citoyenne, décentralisée, partenariale, associative, européenne et mondialisée, bref une autre histoire du capitalisme.

    « L’éducation populaire , Monsieur, Ils n’en ont pas voulu… »
    Par Franck Lepage
    Dimanche 24 janvier à 14h30
    Salle Charles Boyer, Astrolabe

     

    Si vous ne connaissez pas, c'est VRAIMENT à voir et à entendre !

     

     

     

     

  • Revue Nouveaux Délits, le numéro 53

     

    Janv. fév. mars 2016

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    Après la panne d’édito, la panne de vœux ?

     

    Même quand je travaillais dans le spectacle, je n’aimais déjà pas les répétitions. Je préférais le moment vrai et unique du spectacle lui-même, car dans le théâtre de rue, chaque représentation est toujours unique, remplie d’imprévus, d’inattendu. On n’y est pas à l’abri de la pluie, du vent, de toutes sortes d’obstacles et surprises et surtout pas séparé d’un public par une scène, ou pire encore, par une fosse. On est avec et dans le public, parmi les gens qui font et défont le spectacle, tout autant que nous-mêmes. L’idée même d’un public disparait dans un échange interactif et vivant, une grande fête commune. C’est ça que j’aimais dans le théâtre de rue, le véritable théâtre de rue. Ce moment vrai qui nous mettait en danger. Et je continue à préférer le spontané, l’imprévu, le non-préconçu, et plus encore quand il s’agit de fêtes ou de belles déclarations. Faire un vœu, oui, pourquoi pas ! Parce qu’il nous vient à la bouche comme une source jaillissante ou parce que l’étoile filante… Si j‘avais un vœu à faire là maintenant, au moment précis où j’écris cet édito, ce serait : « délivrons-nous de nos certitudes ! ». On étouffe sous les certitudes, on en perd tout contact sensoriel avec la vie, toute capacité de penser de façon inédite et donc libre. Mes certitudes, vos certitudes, leurs certitudes. Les certitudes sont aussi nombreuses que les individus susceptibles de vous les asséner, même les certitudes d’un groupe sont en réalité un assemblage de certitudes uniques, chacune attachée à un seul individu. C’est comme les patates, les ensembles qu’on nous faisait faire à la maternelle. Alors oui, pour y voir plus clair, il y a des certitudes qu’on peut mettre dans une même patate, puis les patates empiètent sur d’autres patates, ce qui forme des espaces inter-patates, qui eux-mêmes empiètent les uns sur les autres, et au final on a de nouveau un grand bordel auquel on ne comprend rien du tout. Alors ouvrons toutes ces patates et délivrons-nous des certitudes ! Voilà, c’est mon vœu instantané et il a disparu aussi vite qu’il a été formulé. Les patates mathématiques ne sont rien d‘autres que des bulles qui nous éclatent au nez. Certaines sont très belles, tout dépend de comment elles prennent la lumière. Et voilà : tout dépend de comment on prend la lumière.

     

    CG

     

    Cet homme est comme une forêt, il se croit tout obscur,

    il est partout troué de rayons de soleil.

    Henri Gougaud in L'Expédition

     

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    AU MENU

      

    Un copieux Délit de poésie pour bien démarrer l’année :

     

    ● Lou Raoul, avec un extrait d’arrache moi fort la nuit

    ● Mokhtar El Amraoui (un grand salut à la Tunisie)

    ● Julien Boutreux

    ● Jean-Claude Goiri avec des Copeaux (contre la barbarie)

    ● Denis Wetterwald

    ● Sammy Sapin

    ● Tom Buron, avec entre autre des extraits d’un journal éthylo-poétique

     

    Que des plats de résistance !

     

     

    Le tout relevé d’un goûteux mélange de Délits d’(in)citations.

     

    Pour dessert, une Résonance : Les maîtres du printemps d’Isabelle Stibbe, Serge Safran, août 2015.

     

    Vous trouverez le bulletin de complicité tapi à la sortie, mais il ne mord pas, c’est à vous de le saisir à belles dents pour l’offrir à qui vous voudrez.

     

     

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    Illustratrice : Ana Minski

     

    Ana Minski a d'abord découvert la bohème par la littérature avant de vagabonder sous les ponts parisiens. Elle a tenté d'être libraire, documentaliste, archéologue, mais l'errance est son dada. Elle a publié quelques nouvelles chez Les Artistes Fous Associés et La lucarne des écrivains, ainsi que des poèmes dans les revues Les corrosifs, Le capital des mots, Les tas de mots et Créatures. Elle peint également depuis quatre ans : http://mitaghoulier.blogspot.fr/

     

     

     

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    Le bonheur est une petite chose que l’on grignote,

    assis par terre, au soleil.

    Jean Giraudoux

     

     

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    Le poète est un artiste

     

    Comme on pourrait dire d’une façon assez réductrice que le sculpteur est l’artiste de la forme, le peintre celui des couleurs, le musicien celui des rythmes, le poète est l’artiste du langage. Mais de même que la couleur n’est pas enfermée dans un tableau, la poésie n’est pas enfermée dans un livre.

    Il y a deux voies dans l’art, deux voies qui peuvent converger et souvent pour le meilleur: une voie artisane, technicienne, qui vise une certaine perfection dans la répétition du geste, une amélioration de la technique et une voie plus intuitive, plus chamanique, quand l’artiste devient une sorte de capteur. Lui-même ne sait pas trop ce qu’il capte, mais il tente de le retranscrire en formes, couleurs, sons ou langage, ou tout à la fois. L’artiste est un médium – un moyen – d’entrer en résonnance avec l’Universel. Tous les peuples, toutes les cultures sont entrées en résonance avec l’Univers à travers leur créativité, bien avant même que n’intervienne le concept d’art ou d’artiste. Tous ont confectionné de leurs mains de beaux et parfois étranges objets, pas pour les exposer mais pour les utiliser. Cette beauté et cette étrangeté, c’est ce qu’on pourrait appeler l’âme des objets. De même, tous les peuples n’ont pas eu de littérature, mais tous ont une poésie, comme l’avait très justement dit Victor Hugo.

    La poésie est un art holistique, elle est toute à la fois musique, peinture, sculpture, son matériau ce sont les mots, dont elle utilise avant tout l’impact vibratoire, le sens en est parfois pulvérisé pour devenir essence. La poésie est vibration et exaltation de tout ce qui ne peut être expliqué par les mots, mais seulement perçu et parfois percé par eux.

     

     cg, 18 août 2015

     

     

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    Nouveaux Délits - Janvier 2016 - ISSN : 1761-6530

    Dépôt légal : à parution

     Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits

    Coupable responsable et correctrice : Cathy Garcia

    Illustratrice : Ana Minski   

    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com