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* LA REVUE NOUVEAUX DÉLITS DEPUIS 2003 * - Page 10

  • Revue Nouveaux Délits, le NUMÉRO 57 - Avril 2017

     

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    Avril-mai-juin 2017

     

     

     

     

    La France s’apprête à élire une nouvelle tête au stand de tir et le niveau des débats aiguise le désir de silence, aussi cet édito va-t-il donner l’exemple.                                   CG

     

     

      

     Je perds l’usage de la parole

    Mes lèvres sculptent un silence

    Alors pour me faire comprendre

    Parmi les décombres je danse…

    André Laude

    in Riverains de la douleur

     

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    AU SOMMAIRE

     

     

    Délit de poésie :

     

    Hans Limon, poèmes extraits de Barbarygmes et autres bruits de fond

    Marianne Desroziers

    Alexo Xenidis

    Grégoire Damon

      

    Délit nomade : Home Mobil d’Amélie Guyot

     

    Résonances :

    Ce que nous avons perdu dans le feu, nouvelles de Mariana Enriquez, Éd. du sous-sol 2017

    Ni vivants, ni morts – La disparition forcée au Mexique comme stratégie de terreur de Federico Mastrogiovanni, Métailié 2017

     

     

    Les délits d’(in)citations font des clins d’œil aux coins des pages et le bulletin de complicité toujours aussi pimpant, aguiche au fond en sortant.

     

     

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    Illustratrice : Alissa Thor

     

    Née à Paris en 1974. Autodidacte. Vit à Paris et travaille à Rouen. Études de Lettres et de Philosophie. Documentaliste à l'Éducation Nationale pendant 12 ans. Depuis 2011, se consacre exclusivement à la peinture et à l’écriture (un recueil de poésie est en préparation). Longtemps « intello » et prenant plaisir à manier les abstractions. « J'ai eu le besoin radical de rompre et de me confronter directement à la matière : prendre la vie, par l'autre bout si l'on veut. L'expressionnisme est naturellement le mouvement qui me « parle » le plus.... » Son site : http://www.alissathor.com

     

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    L'enjeu de l'éveil, c'était, semblait-il, non la vérité et la connaissance, mais la réalité, le fait de la vivre et de l'affronter. L'éveil ne vous faisait pas pénétrer près du noyau des choses, plus près de la vérité. Ce qu'on saisissait, ce qu'on accomplissait ou qu'on subissait dans cette opération, ce n'était que la prise de position du moi vis-à-vis de l'état momentané de ces choses. On ne découvrait pas des lois, mais des décisions, on ne pénétrait pas dans le cœur du monde, mais dans le cœur de sa propre personne. C'était aussi pour cela que ce qu'on connaissait alors était si peu communicable, si singulièrement rebelle à la parole et à la formulation. Il semblait qu'exprimer ces régions de la vie ne fît pas partie des objectifs de langage. 


     
    Hermann Hesse 

    in Le jeu des perles de verre

     

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    Et toujours de la poésie À ÉCOUTER 

    sur http://cathygarcia.hautetfort.com/donner-de-la-voix/

    et sur la chaîne youtube Donner de la voix.

    Du fait maison encore, avec les moyens et la technicienne du bord, juste pour le plaisir et le partage.

     

     

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     et en quatrième de couverture, un peu de pub....

     Cathy Garcia publie coup sur coup

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    poèmes écrits entre 1990 et 2013 illustrations originales (encres) de l'auteur

     

    petites fictions qui parlent de mort,

    drame, tristesse, solitude

     

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    édité, imprimé et agrafé par l’auteur

    Tirage limité et numéroté  

    sur papier 90gr calcaire  couverture 250 gr calcaire  100 % recyclé  

    à commander directement à l‘auteur  10 €  (+ 2 € pour le port)

     

     

    &

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    Bonzaïs hallucinogènes ou nano-histoires sans les nains

    suivi de Conne plainte du poète

    aux éditions Gros Textes

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    Illustrations originales (collages) de l'auteur

     

    affreurismes loufoques et plus si affinités

     

    « LE CŒUR  Il faut le faire battre tant qu’il est chaud »

     

    54 pages au format 15 x 10 cm

    6 € (+ 1 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

     

     

     

     

  • Revue Nouveaux Délits, le NUMÉRO 56 - Janvier 2017

     

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    janv. fév. mars 2017

     

    Voici donc le 13ème édito de bons vœux pour la nouvelle année, ce qui devrait suffire à porter bonheur parce que pour ce qui est du stock de formules, il est depuis belle lurette épuisé…. Et aussitôt une question vient clignoter dans mon cerveau arborescent : mais c’est qui cette lurette ? Il s'agirait en fait, dixit the web, d'un mot inventé, un hybride entre belle et heurette, heurette signifiant « une petite heure », ce qui est pour le moins étrange, si on considère que toute heure est censée avoir la même durée. En temps en tout cas, mais peut-être pas en sensation de temps. On sait bien qu’une heure de plaisir passe bien plus vite qu’une heure de galère, une heure à la plage passe certainement plus vite qu’une heure sous les bombes, pour peu qu’elles tombent à côté. Il en va donc sans doute de même pour les années, aussi pourrions-nous penser que si nous avons l’impression que « ça » passe de plus en plus vite, c’est que tout ne va pas si mal pour nous finalement. Aussi pourrait-on se souhaiter tout pleins de belles lurettes, non ? Pour ma part j’aurais tellement de choses à souhaiter concernant le sort de l’humanité, que je préfère me taire et laisser la parole aux poètes.                       CG

     

     

    Il était une chose que seule la terreur pouvait obtenir, c’était que ces centaines d’hommes bouillonnant au fond de la baraque fissent silence. Seule la terreur… et la poésie. Si quelqu’un récitait un poème, tous se taisaient, un à un comme des braises s’éteignent. () Un manteau d’humanité les recouvrait. J’apprenais que la poésie est un acte, une incantation, un baiser de paix, une médecine. J’apprenais que la poésie est une des rares, très rares choses au monde qui puisse l’emporter sur le froid et sur la haine. On ne m’avait pas appris cela.

    Jacques Lusseyran in Le monde commence aujourd’hui

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    AU SOMMAIRE

     

     Délit de poésie non formatée :

     

    µ Anna de Sandre

    µ Samaël Steiner

    µ Myriam Ould-Hamouda

    µ Saïd Mohamed

    µ Quelques prenssées de Mathias Richard

    µ Le tremble au cœur autour (extraits) de Jacques Allemand

     

    Résonance :

     

    Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard 2016

    Les Palsou – Un conte de Noël d’André Bouchard, Seuil jeunesse 2016

     

     

    Les délits d’(in)citations réfugiés dans les coins ont des choses à dire. Quant au bulletin de complicité, il tapine toujours au fond en sortant.

     

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    Illustrateur : Patrick le Divenah

     

    De sang breton, de naissance angevine, d’habitat parisien. Bigame, car aime autant le mot que l’image. D’où les associations parfois, dans des textes ou des collages. Aspiré par le souffle, inspiré par la spirale, l’absurde, la poésie des sciences, et bien d’autres choses encore, avec passion. Publié dans une trentaine de revues littéraires et d’autres en ligne. Édité chez Passage d’encres, L’Échappée belle, Gros Textes, p.i.sage intérieur, La Tête à l’envers, La Lucarne des écrivains ; et dans des ouvrages collectifs (Henry, Lilo, L’Atelier du Gué, classiques Garnier prochainement…). Rubriques dans inks-passagedencres (cf. Les mots la langue : Par ici la bonne soupe ; cf. Critique : Chefs-d’œuvre derechef). Collagiste dessinateur (illustration de couvertures et de diverses revues). Son site : http://prosesie.free.fr

     

     

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    Les efforts de dizaines d’années étaient annulés en quelques semaines, l’État, déjà instable depuis toujours, s’était effondré en quelques semaines, la stupidité, la cupidité, l’hypocrisie régnaient tout à coup comme aux pires époques du pire régime, et les hommes au pouvoir œuvraient à nouveau sans scrupules à l’extirpation de l’esprit. Une hostilité générale à l’esprit, que j’avais observée depuis des années déjà, avait atteint un nouveau paroxysme répugnant, le peuple, ou plutôt les masses populaires étaient poussées par les gouvernants à assassiner l’esprit et excitées à se livrer à la chasse aux têtes et aux esprits. Du jour au lendemain, tout était à nouveau dictatorial, et, depuis des semaines et des mois, j’avais déjà éprouvé dans ma chair à quel point on exige la tête de celui qui pense. Le sens civique des braves bourgeois, bien décidé à se débarrasser de tout ce qui ne lui convient pas, c’est-à-dire avant tout de ce qui est tête et esprit, avait pris le dessus, et tout à coup, était à nouveau exploité par le gouvernement, et pas seulement par ce gouvernement d’Europe. Les masses, esclaves de leur ventre et des biens matériels, s’étaient mises en mouvement contre l’esprit. Il faut se méfier de celui qui pense et le persécuter, telle est la devise ancienne selon laquelle on se remettait à agir de la manière la plus atroce. Les journaux parlaient un langage répugnant, ce langage répugnant qu’ils ont toujours parlé, mais qu’au cours des dernières décennies ils n’avaient au moins plus parlé qu’à mi-voix, ce à quoi ils ne se croyaient tout à coup plus tenus : presque sans exception, ils jouaient les assassins de l’esprit, comme le peuple et pour plaire au peuple. Pendant ces semaines-là, les rêves d’un monde voué à l’esprit avaient été trahis, livrés à la populace et jetés au rebut. Les voix de l’esprit s’étaient tues. Les têtes étaient rentrées dans les épaules. La brutalité, la bassesse et la vulgarité régnaient désormais sans partage. Ce fait, s’ajoutant à la stagnation de mon travail, n’avait pu qu’entraîner une profonde dépression de tout mon être et m’affaiblir d’une manière qui, pour finir, avait provoqué la pire crise de ma maladie.

     

    Thomas Bernhard

    in Vomissons

     

     

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    Temps modernes

    Cette année je ne sortirai pas de sa boîte la petite maison de bois
    Sa mousse ses décors son étoile
    Ma joie d’enfant de la dresser
    Les Rois Mages ont été retenus à la frontière
    Pour trafics divers
    Et renvoyés dans leur pays on ne savait pas trop lesquels
    Alors on a choisi à pile ou face la Syrie ou le Yémen
    L’Âne est parti à l’abattoir pour faire des hamburgers
    Le Bœuf tire des chariots de cuir au Bangladesh
    À Joseph on a dit
    Qu’on n’était plus pour le rapprochement familial
    Et Marie a fait une fausse couche dans la jungle de Calais
    Le Berger s’est pendu à cause de ses dettes c’était
    Un berger grec
    Il restait le Ravi mais il gênait la bonne société
    Il ne gênera plus ils l’ont interné bien attaché
    Il rit maintenant dans du capitonné
    Cette année
    Je ne sortirai pas de sa boîte la crèche
    Je la laisse avec l’illusion du printemps qui renaît
    Avec l’hospitalité avec la tendresse,
    Rangée dans le grenier, pour les dents des rats.

     

    Alexo Xenidis

     

     

    Nouveaux Délits - Janvier 2017 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits Coupable responsable de tout : Cathy Garcia Illustrateur : Patrick Le Divenah Correcteur : Élisée Bec  

    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/