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06/11/2017

Fête du livre et de l'image d'Arcambal, 24-26 novembre 2017

 

Cathy Garcia et Nouveaux Délits sont invités au salon du livre

dans le cadre de la Fête du livre et de l'image d'Arcambal, 3ème édition 

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en savoir plus : http://www.fetedulivreetdelimage.fr/

 

 

 

25/11/2016

Supermarché de l'Art de Rignac

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avec entre mille autres belles et dingues choses,

des gribouglyphes de Cathy Garcia....

 

 qui pendant ce temps présentera entre autre

les productions Nouveaux Délits

au marché de Noël de Cabrerets

les 26 (14h-18h) et 27 novembre (toute la journée)

 

 

 

 

26/07/2015

1ère exposition d'Art Marginal à Montcuq - 1er au 15 août 2015

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Du 1er au 15 août 2015, le vaisseau-mère des Martiens de l’art débarque à la Factory 19 de Montcuq. Ceci n’est pas une invasion, mais une rencontre pacifique, p...endant laquelle la délégation des Aliens échangera des informations avec les hôtes terriens conduits par l’artiste ufologue Marcel Bénaïs.

Les Visiteurs – le Festival International d’Art Marginal « Le Grand BAZ’ART » de Gisors et la Galerie Apartée – installeront dans les locaux de la Factory 19 les œuvres d’une trentaine de créateurs de 9 pays, tous représentatifs d’une facette de l’art marginal : de l’art brut et naïf jusqu’aux abords de la figuration libre. Ainsi, les Visiteurs apporteront des messages picturaux envoyés par des grands noms tel André Robillard, Hubert Duprilot, Jérôme Bouscarat, Targo Youwann Istanto, Tatiana Samoïlova, Dion Hitchings, Bob Hoke, Julia Sisi, Dan Casado, pour en citer quelques uns, auquels répondront les artistes locaux, Marcel Bénaïs, Denise Grisi et Maurice Erasme.

La rencontre du troisième type durera deux semaines pendant lesquelles certains des créateurs viendront sur place pour quelques jours, à tour de rôles. Des discussions autour de l’art brut et marginal seront également organisées à la Médiathèque et un vernissage ouvert à tous aura lieu le 1er août, à partir de 18h30, sur les Allées du Souvenir face à la Factory 19. Toutes les œuvres seront proposées à des prix étudiés pour permettre l’accès des passionnés aux créations originales d’artistes qui comptent parmi les plus célébrés du moment, dans le milieu de l’art marginal et de l’art tout court.

L’Art Brut – à l’origine, le nom donné par Jean Dubuffet à sa collection d’art asilaire, médiumnique et visionnaire – désigne la production des créateurs que Dubuffet, à la recherche de l’impulsion créatrice primaire la plus pure, voulait « indemnes de toute culture » et de toute intention ou conscience artistique. Essentiellement, l’art des créateurs qui s’ignorent et qui ne font que répondre à un besoin vital, à une condition de survie.

André Robillard a été une des dernières découvertes de Jean Dubuffet, à la fin des années 60, et il est le seul aujourd’hui en vie. Sa création, indissociable de sa biographie et de son trauma originel, a fait l’objet de plusieurs films, d’un portrait dans le magazine Raw Vision – la référence absolue pour l’art brut à l’international – ainsi que d’un grand nombre d’expositions, dont un grand événement monographique qui lui a été dédié à la fin de 2014 au Musée de la Collection de l’Art Brut à Lausanne.

L’Art marginal, terme plus englobant et historiquement plus approprié que l’expression « art singulier », représente toute une famille artistique construite symboliquement autour de l’Art Brut, ayant en commun avec celui-ci la même révérence pour l’impulsion créatrice spontanée, pour l’expression complètement libre et pour le déni de codes esthétiques établis, la distinction essentielle étant la conscience et l’intention artistique dont les artistes marginaux ne sont pas dépourvus. Initialement l’apanage des artistes autodidactes, cette philosophie est de nos jours partagée par une frange beaucoup plus large de créateurs aux parcours aussi différents que leur art.

L’exposition sera ouverte au public le dimanche matin et chaque après-midi du mardi au samedi, à partir de 15H, en présence des commissaires : Marcel Bénaïs, Jean Luc Bourdila et Oana Amăricăi. Entrée libre. Pour plus d’informations appelez-nous au 0608615826 ou bien écrivez-nous à marcelbenais.peint@neuf.fr ou contact@grand-baz-art.fr.

 

 

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18/02/2015

Soirée Hommage à Pierre Colin, samedi 21 mars à Tarbes

 

 à 20h30

Salle de l’Ensemble Instrumental de Tarbes

 Place Anatole France à Tarbes

 

Hommage à Pierre Colin -

« Poète Celte de langue française »

 

le poème n’est ni beau, ni laid, il invente l’éternité. PC

 

Fondateur et animateur de l’Atelier d’Ecriture Thot’M, militant infatigable de l’Education Nouvelle, passionné de poésie - ce « feu rebelle » qu’il n’a cessé d’allumer tout au long de sa vie - mais également passionné de musique et plus largement de toute création. Dans ses engagements incessants, Pierre Colin a été porteur d’humanité.

 

Au cours de cette soirée :

Christophe Verzeletti, comédien, lira des extraits de l’oeuvre de Pierre C.

Denis Abbate, musicien, interprètera des pièces de guitare classique.

Ceux qui ont écrit des textes sur l’oeuvre de Pierre C. apporteront leur témoignage.

Participeront aussi aux lectures toutes celles et ceux qui le souhaiteraient. (Pour faciliter le déroulement de la soirée, nous demandons à ceux qui voudraient intervenir de nous faire savoir le temps dont ils souhaiteraient disposer - entre 1 et 2 min. ou 2 et 3min . . .)

 

tél. 06 89 21 73 58 - 06 75 56 67 26 - 06 18 72 61 41

 

« … Un peu plus bas, la terre de Laërte, envahie par les chèvres, n’est plus qu’un amas de pierres et d’oliviers béants aux coeurs brûlés, exhumant le secret des mots. Nous chercherons longtemps cette profération sans origine, d’un désir l’autre, d’un siècle l’autre, dans la géométrie des rêves et de la mort… C’est dans l’incertitude, sans garantie d’aucune volupté, qu’il nous faut à présent réenchanter la vie… »

P.C. dans « Monde aux yeux brefs » et « Grèce Obscure »

 

 

l’écriture - la poésie – est une mise en déséquilibre du langage, une confrontation avec l’étrangeté du signe. Elle est d’abord rébellion et révolte contre l’utilisation usuelle des mots. C’est un arrachement à tous les déterminismes (symbolique, politique, social) qui vise à opérer une « déchirure dans la trame symbolique

P.C.( extrait de Poétique et cybermondes) – « Dialogue – GFEN » n°153

 

 

Tu respires, soulevant doucement le ciel, le printemps, la mer.

Tu tends la voix vers tous les horizons à la fois.

Tout le pays s’écarte lentement des mots…

 

P.C. « Dans la Tour des Archers, Europos »

 

« … Je veux une écriture violente, qui parle du réel, du sens et du non-sens, de la beauté et de l’horreur, de l’amour et de la haine, du silence et de la folie. C’est dans ces paroxysmes de l’âme humaine que tout se joue. La création est un combat prométhéen avec la chair de la langue. (…) Le poème n’est ni beau, ni laid, il invente l’éternité. »

Nous avons besoin

des poètes qui mettent

le feu à la langue,

et dont les braises

couvent longtemps.

D.BG

 

P.C. dans « Ecriture, aveugle pour rien »

 

 

(Le retour à Sumer)

C’est le métier d’un vieux fleuve

de raconter l’espoir…

Rien n’arrête le rêve hormis le rêve

On fait tant de beauté

avec si peu de vie.

Les arbres se préparent

pour un bond immense dans la nuit.

 

P.C. dans « Une épine de bonheur »

 

 

Nous sommes des brûleurs d’eau froide.

L’aube est sans laisse, et le coeur est immense.

L’âge du monde est notre voie.

Cependant nous marchons. Nous prenons acte du printemps.

Partir est notre azur.

 

P.C. dans « Je ne suis jamais sorti de Babylone »

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15/02/2015

Poètes.fr - La lettre de Christian Saint-Paul

 

Mon ami Claude BRETIN, photographie, pour l'heure, les lémuriens et les baobabs à Madagascar, par 35° à l'ombre. Il ne peut travailler à la mise en ligne sur notre site que lorsque l'électricité arrive parfois. Je vous demande donc un peu de patience, nous nous ferons l'écho des publications et événements autour de la poésie avec un peu de retard. Mais bientôt tout rentrera dans l'ordre. Et nous aurons de belles vues de cette grande île où séjourne notre indispensable ami.

Dans le n° 50 de "Nouveaux Délits" Cathy GARCIA publie le poète toulousain Marc TISON. Nous en parlerons dans une prochaine émission et allons l'appeler à Radio Occitanie. 

Au large de Madagascar, une autre île offre une beauté incomparable, l'île de la Réunion. C'est là qu'est née Murièle MODELY qui publie "Rester debout au milieu du trottoir" (Contre-Ciel éd. 72 pages, 12 €) Un petit chef d'oeuvre de cette bibliothécaire toulousaine dont nous vous reparlerons.

La dernière émission a été consacrée à Francis PORNON, bien connu des toulousains, qui est l'auteur de livres de poèmes qui s'ancrent à notre tradition humaniste occitane et qu'il est bon de lire. Vous pouvez l'écouter en cliquant sur :

http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html puis sur "les poètes 03".

Le scénario de l'émission :

*

Le regard qui fut longtemps porté sur la poésie argentine de la deuxième moitié du XXème siècle, était focalisé sur le plus français des poètes argentins : Borges. Il arrive souvent en poésie que l'arbre cache la forêt. L'Argentine, fier pays de brassage, a enfanté nombre d'artistes de génie qui sont emblématiques de ses larges terres qui appellent à l'aventure. Qui mieux que le toulousain Carlos Gardel évoque l'âme du porteño ? Le poète Antonio MORO incarne, avec beaucoup d'autres, la modernité de la poésie argentine qui fait, dans ce début de notre nouveau siècle, une belle place à la dérision.

Diffusion dans les deux langues, français, argentin de "Un ciel le soir" et de "Le Porc".

 

Christian Saint-Paul reçoit l'écrivain, nouvelliste, poète :

 Francis PORNON.

Lors de son dernier passage à Radio Occitania, il était venu présenter un livre d'une originalité heureuse : "Jaurès, lieux et mémoire" (Loubatières éd.) intelligemment illustré par Amina IGHRA.

Aujourd'hui, il vient en poète, revendiquant avant tout son implication créatrice dans le domaine de la poésie. Mais en France, dit-il avec ironie, on ne peut éviter d'être étiqueté. Chacun est placé dans une case censée le définir. C'est malheureusement si vrai, que Francis Pornon cite l'exemple d'un de ses bons amis, poète, qui s'adresse toujours à lui comme à un auteur de polar, alors qu'il a publié des romans, récits et même des romans "roses", et bien sûr des livres de poèmes.

Francis PORNON a nourri son œuvre de ses pérégrinations. Ce bourlingueur s'est frotté à trop d'humanité pour n'avoir plus qu'un regard de fraternité bienveillante sur le monde. Cette tendresse ne détruit en rien sa lucidité ; sa parole est aussi celle de la révolte et du combat. A Clermont-Ferrand, il crée des spectacles d'intervention et milite pour l'avenir du théâtre. A Vaulx-en-Velin, à Vénissieux, à Pierre-Bénite il donne "Le Trésor Magnifique - Mémoire d'un Chant du Sud" aux racines arabo-andalouses et afro-cubaines, sur une musique de Sergio ORTEGA, sorte de cantate avec alternance d'air et récitatif. Il fait là déjà référence "aux croisades qui ont écrabouillé le sud et ses valeurs", à cette époque "où le centre de la civilisation occidentale était la Méditerranée" et où "les valeurs de l'amour étaient placées plus haut". L'univers troubadouresque marque l'œuvre de Francis Pornon qui voit dans l'amour "un élixir, un baume contre la haine". Cet humanisme qui va changer le rapport des hommes dans nos sociétés en proie alors aux rivalités religieuses mortifères, il le puise également chez Averroès et Maïmonide.

Sa posture poétique gravite autour de cet axe : l'amour, dans tous les sens du terme, l'amour des hommes et la générosité, agape et charitas, l'amour érotique, l'eros. Et il pratique une poésie orale, c'est-à-dire une poésie écrite qui ne perd pas de force à être dite, mais y trouve sa plénitude.

Il voit dans PASOLINI un frère en poésie attaché aux mêmes valeurs que lui.

Lecture de poèmes sur Pasolini.

En 2004, il publie un long poème sur l'explosion d'AZF de 2001: "Par-delà le grand fleuve" (La Danse du Vent éd.), reprenant le titre d'un recueil éponyme paru à Parole d'Aube en 1996.

En 2013 il publie à Encres Vives les deux volumes du "Chant Général au Pays" qui a fait l'objet d'une émission et qui a obtenu le prix du Gourmet des Lettres décerné sous l'égide de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse.

Lecture d'extraits.

*

L'AMOUR

Et, nous, nous autres égarés,

Nous, qui nous déplaçons en foule,

Enfants perdus, pères reniés,

Et mères à ce point repoussées,

Souffrant de ce que les hommes

Aiment se courber sous le joug

De l'argent qui pue sangs et eaux,

Je crois à un sursis pour nous.

Le but plonge au fin fond des temps ;

Le long chemin des troubadours

A nous perdus, nous a légué

Le mot et la chose d'amour,

Sa musique qui pince l'âme

Et sa parole qui déroule

Le battement de cœur des siècles.

Il est parchemin de peau douce,

Alphabet à lire à l'aveugle,

Épée rouvrant l'ouïe des sourds,

Armure nous laissant à nu

Pour les combats et pour les joutes.

Que cet ancien rameau reprenne !

Que remonte sève d'amour !

(extrait du livret de "Le Trésor Magnifique")

*

Francis PORNON un poète préoccupé du devenir du monde, imprégné de l'expérience de l'histoire, mais qui se laisse porter et emporter par la parole, car, comme l'énonce ADONIS : "Le poète n'écrit pas ce qu'il connaît / L'écriture embrasse l'inconnu. Sinon elle n'est pas l'écriture."

 

 

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24/10/2014

Les poètes.fr : Werner Lambersy

Werner LAMBERSY au sommaire de cette émission du jeudi 16 octobre 2014. Je vous laisse découvrir cette langue aussi puissante que sobre, dans la lecture du recueil Contumace publié à Encres Vives. Quelques nouvelles de ceux qui œuvrent inlassablement pour la poésie aussi dans cette émission que vous pouvez écouter en cliquant sur :  http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

Le compte-rendu de l'émission :

*

Christian Saint-Paul rappelle qu'à Carcassonne l’exposition du Centre Joë Bousquetet son Temps donne à voir 70 œuvres de Max Ernst et 20 dessins de G. Ribemont-Dessaignes. Ces œuvres graphiques sont accompagnées de vingt trois vitrines qui présentent le cheminement poétique de G. Ribemont-Dessaignes et de Joë Bousquet, leurs liens avec l’œuvre de Max Ernst. Que le samedi 18 octobre 2014, à 15h aura lieu une lecture de La Ballade du soldat par Yves Ughes, poète.

Yves Ughes est né à Nice, en 1951. Il y grandit dans un quartier de saveurs, au sein d’une famille d’origine italienne. Il découvre au Collège la force de la poésie, cette onde de choc le porte encore. Il suit des cours lumineux à la faculté des Lettres de Nice, notamment ceux de Michel Butor, et devient professeur de Lettres Modernes.

L’Education Nationale lui apprend alors à voyager : nominations au Havre, à Port de Bouc, à Castellane. Installation définitive à Grasse en 1986.

Yves Ughes pousse alors la porte de l’Association Podio, qui travaille pour la Défense et l’Illustration de la poésie, notamment dans les Alpes Maritimes.

Dès 1992, il y prend une part active, se fixant un rythme régulier de conférences. Les auteurs abordés témoignent d’un ancrage méditerranéen qui n’échappe pas pourtant à l’influence américaine. Pavese, ou la trace de la couleuvre. Montale, ou la souffrance des pierres. Reverdy, homme de main, homme de peine. Audiberti, ou le cri confus des catastrophes, Kerouac ou les rues de la lumière vide.

Il est désormais Président de cette association qui œuvre depuis trente ans avec, en exergue, cette interrogation d’Hölderlin : Pourquoi des poètes en ces temps de détresse ?

Ses ouvrages sont édités essentiellement par l’Amourier.

 

Les journées culturelles franco-algériennes se terminent avec la présentation de l'œuvre de SLIM, bédéiste et pionnier de la caricature algérienne, avec la projection d'un film le lundi 20 octobre 2014 à 20 h au cinéma l'Utopia à Toulouse, et une rencontre le mardi 21 octobre 2014 à la librairie toulousaine BD Fuhue à 19 h.

 

Saint-Paul s'attarde ensuite sur la parution du n° 63 de la revue Diérèse poésie et littérature, 322 pages, 15 €, abonnement 40 € à adresser à Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière. Ce lourd et sublime pavé de poésie, richement illustré, nous conduit par les chemins de traverse de la littérature et de la poésie avec un sommaire de très nombreux artistes, connus ou à découvrir. Il offre la particularité de recéler de multiples notes de lecture intitulées "Bonnes Feuilles" qui sont une mine d'or pour connaître les publications de livres de poésie.

Lecture de poèmes d'Isabelle LEVESQUE.

Tu tiens,

 

gardien,

socle du sable

poussière de je.

 

Je suis le vent

porteur d'humeurs sombres.

 

Gardien de phare,

tu es la nuit éclairée.

Pas une étoile.

Tu es

le ralenti des crocs du sort.

 

Tu es sur la falaise,

chant long

pour.

*

Lecture de la critique de "Ravins des Nuits que tout bouscule" d'Isabelle LEVESQUE par Bernard DEMANDRE figurant dans les Bonnes  Feuilles de la revue.

Lecture de poèmes de Daniel MARTINEZ.

En miroir

 

Essaims au cœur de juin vont ces oiseaux

chassant d'un seul afflux les troubles anciens.

Le poème aussi inlassable

sur le point vert des branches

ne serait-il fixant son secret

l'écho de la dernière nuit

l'humeur fuyante qu'aura dispensée l'aube

lorsque la plus longue voie lactée

éteinte au simple passage

d'une flamme argentée

sur les cimes des conifères

calligraphie les lèvres, ouvre enfin

la paroi du vide au fil du moindre vent

pourrais-je le nommer

*


Saint-Paul fait ensuite entendre la voix envoûtante d'une des plus belles voix de la Méditerranée, comme il l'avait fait pour Yasmin LEVY, celle de Françoise ATLAN, qui après dix années passées au Maroc, d’Essaouira à Fès, de Marrakech aux montagnes de l’Atlas, vient de créer La Compagnie Yemaya

à Marseille. « Marseille comme Essaouira, est une ville ouverte sur le monde, une cité aux cultures additionnées et aux identités plurielles. Il était évident pour moi qu’elle serait le point d’ancrage de cette exaltante et nouvelle aventure qu’est la création de ma Compagnie. Une Compagnie à l’architecture qui rappellerait celle d’un plafond orné de stucs et de zelliges : s’ y mêlent les projets musicaux, créations, concerts et enregistrements, pédagogie, édition, collectages, diffusion et mise en lumière des patrimoines communs et spécifiques des traditions de la Méditerranée.» Diffusion de "Mama mia" chant séfarade.

 

Comme il l'avait annoncé les semaines précédentes, Saint-Paul a tenu à lire en entier le recueil de Werner LAMBERSY

"CONTUMACE" constituant le 433ème numéro d'Encres Vives (le n° 6,10 €, abonnement 34 €, Michel Cosem, 2, allée des Allobroges 31770 Colomiers).

Pour la biographie du poète, il y a lieu de se référer à celle écrite par Françoise TROCME sur son excellent site : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/werner_lambersy.html

"Werner Lambersy est né le 16 novembre 1941 à Anvers. Issu d’un milieu néerlandophone, il choisit d’écrire en français. Il effectue de nombreux voyages en Orient. Il vit à Paris depuis 1982 et est attaché à la promotion des lettres belges à paris (Centre Wallonie-Bruxelles).
 Il a été lauréat, parmi de nombreux autres prix, du Grand prix de Poésie 2004 de la SGDL (Société des Gens de Lettres).

Bibliographie (de poésie), non-exhaustive
Caerulea, VDH, 1967.
Radoub, VDH, 1967.
À cogne-mots, VDH, 1968.
Haute tension, VDH, 1969.
Temps festif, VDH, 1970.
Silenciaire, Henri Fagne, 1971.
Moments dièses, Henri Fagne, 1972. 
Groupes de résonances, Henri Fagne, 1973.
Le cercle inquiet, Henri Fagne, 1973.
Protocole d’une rencontre, Henri Fagne, 1975.
33 scarifications rituelles de l’air, Henri Fagne, 1976. Deuxième édition, 1977.
 Tous ces livres publiés chez Henri Fagne ont été réédités au Taillis Pré en 2004
Maîtres et maisons de thé, Le Cormier, 1979. Deuxième édition, 1980. En poche chez Labor, 1988, réédition chez Hors Commerce, 2003
Le déplacement du fou, Le Cormier, 1982, réédition l’Orange bleue, 1995 & 2000
Quoique mon cœur en gronde, Le Cormier, 1985
Paysage avec homme nu dans la neige, DurAnKi, 1982.
Géographies et mobiliers, DurAnKi, 1985, réédition Ecrtis des forges, 1991
Komboloî + ChandMala, Le Dé bleu, 1985. Deuxième édition, 1986.
Stilb, édition de luxe, B.G. Lafabrie, 1986.
Noces noires, La Table Rase/Noroît, 1988 et 1989
L’arche et la cloche, Les Éperonniers, 1988 et 1989
Talkiewalkie angel, Unimuse, coll. Lubies, 1988.
Un goût de champignons après la pluie, L’Arbre à Paroles, coll. Le Buisson ardent, 1989.
Cantus obscurius, Architecture Nuit II, Éd. du Théâtre Vesper; Les Éperonniers, 1989.
Maîtres et maisons de thé, Bruxelles, Labor, coll. Espace Nord, préface de L. Bhattacharya; lecture de V. Engel.
Entrée en matière, Montpellier, éd. Cadex, 1990 et 1993. Ill. de Anne Rothschild.
Architecture nuit, Echternach, Montréal, Bruxelles, Préface de Frans De Haes.éd. Phi, Le Noroît, Les Éperonniers, 1992.
Volti subito, Chaillé sous les Ormeaux; Trois Rivières; Amay, Le Dé Bleu, Écrits des Forges, L’Arbre à Paroles, 1992.
La nuit sera blanche et noire, Éd. Jacques Boulan, 1992. Triptyque de Lionel.
Grand beau, éd. Petits classiques du grand pirate, 1992. Ill. de Roland Renson
Architecture nuit, Phi, 1992
Le nom imprononçable du suave, Amay, L’Arbre à Paroles, 1993. Coll. Buisson ardent.
Quinines, Charlieu, La Bartavelle, 1993. Coll. La main profonde, préface de J.C. Bologne, ill. de Lionel.
La nuit du basilic, éd. Commune mesure, 1993. Ill. de Claudine Du Four.
Quinines / Grammaire du désordre, La Bartavelle, 1993
L’écume de mer est souterraine, Nantes, Le Pré Nian, 1993, ill. de Bracaval.
Stilb suivi de Iréniques, dessins J. Clauzel, Cadex, 1994
Errénité, Gallargues le Montreux, éd. À travers, 1994, ill. de Jacques Clauzel
Tirages de têtes, photos J.-P. Stercq, La lettre volée, 1995
Journal d’un athée provisoire, Phi, 1996
Chroniques d’un promeneur assis, Cadex, fusains E. Koch, 1997
La Magdeleine de Cahors, Labor, 1997
Pays simple, fusains J.-C. Pirotte, Cadex, 1998
Petit rituels sacrilèges, L’amourier, 199_
D’un bol comme image du monde, avec G. Lalonde, Le loup de gouttière, 1999
L’horloge de Linné, Phi, 1999
Écrits sur une écaille de carpe, dessins d’Otto Ganz,L’amourier, 1999
Dites 33, c’est un poème, Le Dé bleu, 2000
Singuliers regards, avec D. Serplet, CFC, 2000
Je me noie, dessins de S. Kaliski, L’Amourier, 2001
Pour apprendre la paix à nos enfants, avec Léo Beeckman, Cadex, 2001
Ecce Homo, avec otto Ganz, Maelström, 2002
Puits, cachettes et passage, avec D. Serplet, Syllepse, 2002
Carnets respiratoires, photos d’Henri Maccheroni, Cadex, 2004
Journal par dessus bord, Phi, 2004
Échangerais nuits blanches contre soleil même timide, l’Amourier, 2004
Rubis sur l’ongle, Hermaphrodite, 2005
L’érosion du silence, Maelström, 2005
La toilette du mort, les ennemis de paterne berrichon, 2005
Uluru ( + trad. en anglais de D. de Bruycker), La cour pavée, J.Ricard, 2005.
Traité des corridors, avec D. Serplet, 2005
Coimbra ou l’antiphonaire d’Orphee, Dumerchez, 2005
Les gratte-pieds de Didier Serplet, c.f.c., 2005

une fiche bio-bibliographique sur le site du service du livre luxembourgeois
 sur le site de Le Zèbre international, revue internationale de poésie francophone

 

Le blog de Werner LAMBERSY : http://wernerlambersy.hautetfort.com

 

"Contumance" est le recueil d'un grand voyageur certes, mais de celui qui voyage autant dans les livres et la pensée des grands auteurs. Son texte, oral, fluide comme du Cendras en est parsemé. Les citations s'intègrent donc aux mots du poète qui en se les appropriant les fait vivre plus fort encore.

Une poésie puissante, virile sans ostentation, allant directement à l'essentiel, à la source de la langue et de l'émotion, mais en gardant tous les acquis des précurseurs en la matière.

LINGUA IMPETUOSA

 

Un chant

pour la première fois

encore

 

et l'aiguière du temps

versant l'ombre

des heures

 

sur les mains

savonneuse de l'oubli

 

sur la peau nue

des paumes du nombre

 

et les coudes

harmonieux de l'espace

 

mais c'est confus

pareil aux bruissements

fossiles

 

de l'âme dans le violon

des astres

 

ayant mon souffle pour

toute puissance

je monte

au-devant de ce silence

où je retrouve ma patrie

                        Jean Tardieu

j'ai froid

je veux rentrer dans

le bain chaud d'un ventre

 

rester

comme les insectes dans

l'ambre

 

une planète

un pépin dans la pomme

qu'on coupe

 

je veux sous la guillotine

ou la scie circulaire

des soleils

 

que la vie parle d'amour

......

*

Enfin après la lecture de "Contumace", Saint-Paul lit des extraits du numéro suivant d'Encres Vives, le 434ème consacré à un recueil  "L'Illusion essentielle"d'Eric BARBIER, qui vit près de Tarbes et qui est un auteur familier maintenant de cette émission. Poète du lieu, de la montagne, du souffle acquis au cours des ascensions dans les chemins des Pyrénées et ceux, tout aussi enivrants, de la poésie.

...

Pourquoi avoir voulu ici retrouver le lieu ? Regagner l'image.

Comme un retour en semblable solitude quand persistent certaines compagnies.

Sentiers souvent parcourus est-ce ici l'intermède ou la permanence qui se vérifierait dans les derniers frissons des eaux.

Quand plusieurs soleils se ligueraient pour accomplir cette sécheresse, quand un unique midi nous prend dans les ondoiements de la chaleur.

Trop tôt quitter le récit donné par le seul arbre persistant à se dresser sur ces pentes.

Des jours où l'on pourrait se croire en avance, en avant de soi et de ce qui entoure.

 

Retour en des lieux qui furent initiateurs, où commença à se dissiper le voile brumeux qui s'attardait depuis si longtemps sur le pays intérieur.

Clore une époque l'air adopte d'autres accents c'est un voyage aussi que la chair reprend. Mais dans quel ciel au plus près approché donner corps à ce voyage ? Encore les phrases nous cherchent.

*

L'émission s'achève sur l'évocation de cet éditeur, poète et romancier infatigable qu'est Michel COSEM qui vient de publier son dernier roman "L'Aigle de la frontière" aux éditions De Borée (280 pages, 20 €).

  "Jean Christophe mène une vie insouciante dans une station à la mode dans les Pyrénées. Il va de rencontres en rencontres, fait de la petite contrebande à travers la frontière, mais il n'est amoureux que de sa montagne, de sa liberté. L'époque de la désinvolture se termine pourtant lorsqu'il tire sur un douanier sur le point de l'arrêter et surtout, lorsque le pays plonge dans la guerre. D'abord les réfugiés espagnols, les délations. Puis l'arrivée des Allemands. Fini les fêtes, les touristes, les promenades au bord des lacs, les chars de fleurs... Sous l'impulsion de Gilbert, l'instituteur, il prend conscience de la gravité des événements et du rôle qu'il doit désormais tenir."

 

 Amitiés à tous,

 Christian Saint-Paul 

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15/10/2014

Les poètes, Christian Saint-Paul, radio Occitania

 

Chères et chers amis,

 

Partout les expositions sur la guerre 14 - 18, les publications, les films se multiplient. Toulouse à la Bibliothèque du Périgord réalise une exposition remarquable avec la collaboration de notre fervent archiviste municipal François Bordes ; en Ariège on publie un gros livre sur les soldats du 17ème qui est une mine de renseignements sur ce qu'endurèrent nos proches ancêtres. Et 2014, c'est aussi le centenaire de l'assassinat du personnage le plus mythique de Toulouse : Jean Jaurès. Rémy PECH, Jean-Michel DUCOMTE, Jordi BLANC nous ont déjà légué de beaux et passionnants ouvrages sur le grand homme; l'invité de l'émission du jeudi 9 octobre, Francis PORNON, lui, nous livre un livre d'art sur "Jaurès à Toulouse, lieux et mémoire", superbement illustrés des dessins d'Amina IGHRA. C'est le livre qui manquait pour cerner encore un peu plus l'exceptionnelle personnalité de celui qui repose au Panthéon, philosophe qui aimait tant la poésie (le premier à rédiger une note de lecture sur Rimbaud) et la langue occitane.

Cathy GARCIA poursuit son aventure éditoriale depuis plus de dix ans maintenant. Elle rejoint cette myriade d'acteurs sans lesquels la poésie contemporaine ne serait pas ce brûlot permanent qui réchauffe la froideur d'une époque standardisée par les médias.

Vous pouvez écouter l'émission en cliquant sur : http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

 Le compte-rendu de l'émission :

*

En préambule, Christian Saint-Paul exprime sa reconnaissance à ses amis qui lui ont offert ce très beau livre : "Les Poilus Ariégeois dans la Grande Guerre" 1914 - 2014; 1919 - 2019; hommage aux soldats de l'Ariège et de Midi-Pyrénées mobilisés au 17ème Corps d'Armée. Ouvrage collectif de l'Association du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège, dédié à Julien, Gustave Langrenez, né le 24 octobre 1898 à Benagues, mort au champ d'honneur à 17 ans le 4 septembre 1916 dans la Somme.

C'est une collaboration exceptionnelle de rédacteurs pertinents qui a abouti à la réalisation de ce puissant ouvrage qui fait le bilan érudit de l'implication de nos soldats occitans dans cette guerre terrible. Enrichi superbement de photos d'époque, de dessins, de croquis de batailles, ce livre d'Histoire nous rappelle que 162 334 soldats de cette région, qui englobe les trois quarts de l'Occitanie et qui va de Bordeaux à Montpellier, ont donné leur vie pour la France. Pour le centenaire d'évocation de cette guerre épouvantable qui a préparé la suivante, il est bon de se souvenir, par la richesse des détails qui font la réalité des choses, de nos proches ancêtres qui ont subi tant de souffrances.

Le livre peut être commandé en relation avec la ville de Pamiers.

 

Christian Saint-Paul signale la parution de: NOUVEAUX DÉLITSRevue de poésie vive et dérivesNuméro 49

Oct. Nov. Déc. 2014

 Cathy GARCIA poursuit inexorablement son excellent travail éditorial et nous livre un nouveau numéro aussi dense et soigné que les précédents. Une mise en page impeccable, des illustrations originales d'une évidente réussite esthétique  - il faut dire que Cathy est aussi une artiste accomplie (dessins, peintures, collages, photographies) - et un sommaire éclectique et ouvert sur le monde. Voici ce qu'elle écrit en guise d’édito :

 

Le missionnaire européen était assis accroupi avec les Indiens Hurons en grand cercle autour d’un feu de camp. C’était une position à laquelle il n’était pas habitué, et il avait le sentiment qu’elle ne l’aiderait pas à convaincre les Indiens de partager son point de vue. Néanmoins il leur a exposé courageusement l’idée selon laquelle il n’était pas un mais deux. En l’entendant les guerriers ont éclaté de rire et ont commencé à jeter de gros bâtons et de la poussière dans le feu. Un étrange mélange de terreur et de ressentiment a alors envahi le cœur du missionnaire. Lorsque les rires ont cessé, il a poursuivi son exposé. Avec patience, il a expliqué aux sauvages que ce corps fait de chair et de sang qu’ils voyaient assis devant eux n’était qu’une coquille extérieure, et qu’en lui un corps invisible plus petit habitait, qui un jour s’envolerait pour vivre dans les cieux. Les Hurons ont gloussé de plus belle, en se faisant des signes de tête entendus tout en vidant les cendres de leurs pipes en pierre dans le feu crépitant. Le missionnaire avait le sentiment d’être profondément incompris, et était sur le point de se lever pour regagner sa tente, vexé, lorsqu’un vieil homme près de lui l’a arrêté en lui saisissant l’épaule. Il lui a expliqué que tous les guerriers et les chamans présents dans le cercle connaissaient l’existence de ces deux corps et qu’ils avaient également de petits êtres qui vivaient en eux, au cœur de leurs poitrines, et qui s’envolaient eux aussi au moment de la mort. Cette nouvelle a réjoui le missionnaire, et l’a convaincu que les Indiens étaient désormais sur le même chemin spirituel que lui. Avec un zèle renouvelé, il a demandé au vieil homme où, selon son peuple, ces petits êtres intérieurs s’en allaient. Les Hurons ont tous recommencé à rire, et le vieil homme a désigné du doigt la cime d’un énorme cèdre millénaire dont la silhouette se dressait dans la lueur du feu. Il a dit au missionnaire que ces « petits êtres » allaient au sommet de cet arbre puis descendaient dans son tronc et ses branches, où ils vivaient pour l’éternité, et que c’était pour cela qu’il ne pouvait pas l’abattre pour construire sa petite chapelle.

Sam Shepard in Chroniques des jours enfuis
 

Au sommaire de ce numéro : 

Délit de poésie : Thomas Sohier, Patrick Devaux (Belgique) et Jean-Jacques Dorio

Délit pin pom et autres poèssessions : Paul Fréval

 Délit de réponse : Pascale de Trazegnies & Cathy Garcia,

Poème  pour  deux  voix  ou  deux  mains

 Délit de suite dans les idées : Cyril C. Sarot, Ces traces laissées dans le sable

 Résonances : Chroniques du Diable consolateur de Yann Bourven

 

Saint-Paul renonce à lire ce jour, le poème à deux voix ou deux mains de Pascale de Trazegnies & Cathy Garcia, car ce texte doit être lu comme il est bien précisé, à deux voix.

Lecture d'un texte plein d'humour de Cyril C. Sarot.

Le n° 6 €, abonnement : 25 € à adresser à Association Nouveaux Délits, Létou, 46330 Saint Cirq-Lapopie.

 

Christian Saint-Paul reçoit son invité, l'écrivain et poète Francis PORNON qui vient de publier chez Loubatières  : "Jaurès à Toulouse  lieux et mémoire"

 

Le sait-on ? Jean Jaurès – « apôtre de la paix » – fut adjoint au maire à Toulouse durant deux ans et demi. Il laisse dans la Ville rose une empreinte indélébile de son engagement et de ses réalisations. Voici des écoles et des facultés, le théâtre et les Beaux-Arts, mais encore des lieux de rencontre comme l’ex-hôtel d’Espagne et le siège du Parti Ouvrier de France, ou même des lieux de conciliation comme l’ex-dépôt des tramways hippomobiles… C’est un beau livre contenant une série de textes inédits (évocations personnelles et littéraires) préfacés par Georges Mailhos et postfacés par Jean-Michel Ducomte, dont le contenu historique est avéré et garanti par l’historien Rémy Pech, avec en regard des illustrations artistiques originales (dessins au crayon et au fusain) de l’artiste Amina Ighra. Il s’agit d’une démarche singulière parmi les publications touchant Jaurès, propre à évoquer à la fois les traces de la pratique du personnage dans la ville, aussi bien que son génie humaniste devenu tutélaire de la République.

97 pages, 25 €

 

Au cours de l'entretien avec l'auteur, lecture d'extraits du livre. Comme le souligne fort bien, avec cette aisance d'analyse qui fait sa renommée, Georges MAILHOS, "ce livre est un livre de conviction, d'agrément et d'amour, et, au total, de plaisir, comme savait le définir Jaurès, celui qui "prend le cœur, en même temps que le cerveau". Par la plume et le crayon de nos auteurs, ces lieux deviennent des sites où choses et gens, pour faire figure, ne se détachent et ne prennent sens que dans un paysage mémorial et symbolique."

Il peut paraître étonnant que les deux séjours de Jean Jaurès à Toulouse, une fois deux ans, une autre fois deux ans et demi, ait pu à tel point imprégner la ville pour une heureuse postérité. Jaurès fut maître de conférences à la Faculté des Lettres et c'est au sein du Conseil Municipal qu'il exerça avec ferveur les fonctions d'adjoint au maire chargé de l'instruction publique. Ceci au cours d'une période de notre histoire où l'éducation était un des principaux enjeux de l'innovation politique. Mais c'est aussi à Toulouse et cela se prolongera même lorsqu'il aura quitté la cité, que Jaurès donna à "La Dépêche de Toulouse" (devenu aujourd'hui "La Dépêche du Midi") ses articles les plus fameux et ses critiques littéraires qu'il signait "le liseur". L'ensemble de cette action dynamique constitue un irremplaçable témoignage de cette époque.

Francis PORNON évoque tous les lieux visités dans son livre et si bien restitués par les dessins d'Amina IGHRA. Le portrait qu'elle réalise de Jaurès et qui est en couverture du livre, est saisissant de vie; c'est un Jaurès loin des clichés du barbu sévère, son visage dégage une jeunesse au regard clairvoyant et terriblement bienveillant.

Francis PORNON a bâti son livre comme une œuvre littéraire avant tout. C'est en poète qu'il observe son sujet, homme mythique assurément, évoluer dans la ville et dans la pensée. Il le suit, en s'immisçant dans ce chemin, en mêlant ses propres souvenirs des lieux à ceux du début du XXème siècle. Il en résulte un récit vivant, sensible et une vraie appropriation des lieux par le lecteur.

Beaucoup de ces lieux à découvrir en lisant le livre, en un siècle ont changé. Tel grand magasin occupe par exemple l'emplacement du Café de la Paix (nom prémonitoire) que fréquentait Jaurès avec ses collègues de la Faculté.

Il y a une délectation à lire ce livre, si bien conçu, qu'il est un livre d'art; le plaisir bien entendu est encore accru pour les toulousains qui vénèrent toujours les lieux dont il s'agit. Mais c'est aussi le souffle de l'histoire et de l'esprit qui accompagne ces promenades où nous entraînent Francis PORNON. Il nous fait imaginer la confrontation Jaurès Guesde, Jaurès de Fitte, le tribun étant avant tout un philosophe dont la thèse de doctorat portait sur la réalité du monde sensible. Il voulait que la culture s'adresse à tous, ce qui à l'époque était une authentique audace. Au lycée de Fermat, son discours de distribution des prix, dans cette noble demeure, résonne encore dans les vieux murs et pourrait être écrit aujourd'hui : "La vie a singulièrement resserré devant vous, jeunes gens, l'espace du rêve ; la lutte pour l'existence est devenue tous les jours plus rude ; toutes les vois sont encombrées et piétinées et vous le savez, et de bonne heure vous faîtes effort".

L'émission s'achève sur les dernières phrases de la postface de Jean-Michel DUCOMTE: "Jean Jaurès est inscrit dans l'asphalte et la pierre de Toulouse, cela le savent même ceux pour qui l'évocation de son nom se limite à une commodité. Mais la mémoire de ce qu'il fut et continue de représenter se loge principalement dans l'imaginaire ou la pensée de tous ceux que continue encore de guider l'exemple de son action et la grandeur de sa pensée. Ceci rend d'autant plus incompréhensible, alors que les Toulousains lui rendaient un ultime hommage en 1924 lors de la translation de ses cendres au Panthéon, le silence de la municipalité radicale du moment conduite par Paul Feuga".

Merci à Francis PORNON de nous avoir donné pour notre patrimoine historique et littéraire toulousain, ce livre aux correspondances parfaites entre les textes et les dessins d'Amina IGHRA, les deux artistes s'inscrivant dans un même élan lyrique mais sobre.     

 

Amitiés à tous,

Christian Saint-Paul  

http://les-poetes.fr

 

 

 

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10/11/2013

Fugitive, lecture à Limogne-en-Quercy

Nous vous attendons lundi 11 novembre à 18 heures
à la Pizzeria Le Bidule à Limogne en Quercy pour :

Fugitive

Lecture par Fred Camaret
Texte de Cathy Garcia
Musique de et par Livi Loricourt  (piano)

Durée : environ 25 mn


Cette lecture sera suivie d'un pot à boire et à grignoter façon auberge espagnole,
chacun amène un petit quelque chose s'il le peut.
Cela se passera côté expo, à l'office du tourisme.
 
 

 

 

   

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01/09/2012

Evazine, c'est fini

 

Parce-que ce sont souvent, pour ne pas dire toujours, les bonnes choses qui prennent fin, Evazine c'est fini. Visible encore sur la toile pour deux ans, le formidable travail de tissage de Jean-Louis Millet via ce site s'achève, pour laisser place à d'autres aventures. Je vous invite à ce propos à visiter si ce n'est déjà fait, et à y revenir plutôt souvent

Zen Évasion http://www.zen-evasion.com

et Voix Dissonantes http://jlmi.eklablog.com

deux sites plus personnels de Jean-Louis Millet, mais néanmoins grand ouvert sur le monde, voire au-delà, d'une immense richesse et d'une tout aussi grande pertinence.

 

Profitez des deux années de sursis pour continuer à visiter Evazine et si vous êtes éditeurs, une très belle et originale collection de Livres d'art constituée au fur et à mesure des rencontres évazinienne ne demande qu'à venir se poser sur du beau papier ! Voir : http://evazine.com/livre_art.htm

 

Contact : jlmillet@free.f

 

http://evazine.com/

 

La poésie est un pouvoir car pour elle on vous tue Ossip Mandelstam mort au goulag de Kolyma en 1938

 

 

...puissance & richesse ne sont jamaisallées de pair avec la poésie, peut-être est-ce pour cela qu’elle demeure si pure,

 

et qu’elle est parfois la seule résistance digne de ce nom. Jon Kalman Stefansson « La tristesse des anges »

 

 

 

Evazine, les aventures liées de

 

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Taro Aizu Ferruccio Brugnaro Vincent Courtois Jean-Marc Couvé Denise Desautels

Cathy Garcia Béatrice Gaudy Gaëlle Josse Anna Jouy Werner Lambersy

Isabelle Le Gouic Le Salut invérifiable d'un Idiot souterrain
 
Patrice Maltaverne Jean-Louis Millet Murièle Modély Né-Khô
 
Lucie Sagnières Jean-Claude Tardif Bruno Toméra Harry R. Wilkens

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05/04/2012

Hommage à Jean-Lucien Aguié

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Jean-Lucien Aguié, Président d'Honneur fondateur de ARPO,
nous a quittés ce mercredi 4 avril 2012, à l'âge de 96 ans. 


" Il n'y a rien d'autre maintenant qu'un ciel serein
une étoile qui n'en finit plus de tomber

la terre nous attend

il faut accomplir le geste qu'elle espère
jusqu'à l'épuisement de notre sève
jusqu'au cri final
jusqu'à la hantise du lendemain"
Jean-Lucien Aguié
(Face au monde à l'envers)

http://www.arpo-poesie.org/

 

 

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