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20/05/2018

Le collectif Fourmillard tend la main aux créateurs et partage ses savoir-faire

 Associations - Rue du Portail Alban

Isabelle Salvan et Mathilde Levez fourmillent de projets et d'idées pour le collectif Fourmillard./ Photo J.-L.G.

 

Les artistes et les artisans d'art ont leur écrin à Cahors, rue du Portail Alban. Un endroit pour s'émerveiller et avoir un coup de cœur pour une œuvre. C'est nouveau… c'est beau.

 

La rue du Portail Alban accentue son attractivité. Après un relooking plutôt réussi, elle s'habille en tenue d'artiste au numéro 60. Cette adresse revit et revoit des couleurs avec l'installation d'un collectif de 11 artistes qui évoluent sous la bannière de l'association Fourmillard. Plus qu'une simple galerie d'art, ce nouveau lieu où il fait bon flâner, acheter, boire un café et même créer sa propre œuvre est inauguré aujourd'hui et affiche ses ambitions.

Sa force : un concept original et une véritable atmosphère propice à l'échange.

«Nous voulons faire partager notre savoir-faire, à travers notamment des ateliers et des animations qui permettront aux visiteurs d'apprendre à réaliser des œuvres au contact des artistes et des artisans» souligne isabelle Salvan, créatrice de vêtement de sa propre marque (Zaz'in). «Concrètement, nous prévoyons d'organiser, au minimum, deux ateliers tous les samedis. Mais nous pourrons en aire encore beaucoup plus en fonction de nos disponibilités et de la demande des clients. Nous sommes à l'écoute des personnes qui peuvent nous faire part de leurs préférences, de leurs envies» complète Mathilde Levez qui a créé la marque Berkabut (réalisation d'objets en cuir et rénovations de sièges et fauteuils, Berkabut). Elle poursuit : «La boutique en elle-même a pour objectif d'offrir une vitrine à l'artisanat local. Nous sommes nombreux dans le Lot, mais très peu ont l'opportunité de se faire connaître et de présenter leur travail de cette manière.»

Un café, un croissant et un partage autour de l'art

Pour permettre à cette structure originale d'exister, l'association a signé un bail précaire de 6 mois jusqu'en octobre 2018.

Une période test donc.

C'est le principe de la boutique éphémère. Mais ce collectif très actif a tous les atouts pour continuer longtemps sa belle aventure. Il ne demande qu'à s'étoffer. Isabelle et Mathilde se disent prêtent à accueillir d'autres artisans dont la rencontre et le partage avec les visiteurs seront les dénominateurs communs. «Outre les ateliers, nous voulons créer du lien social, discuter autour d'un café offert sur notre terrasse le samedi» indique Mathilde. L'idée est séduisante.

Portez votre croissant, le café des artistes vous attend.

Un délice sucré pour discuter autour d'un plaisir sacré : l'art.


Qui fait quoi dans la boutique ?

C'est l'heure de l'appel. Voici les noms des artistes et artisans d'art qui interviennent et exposent au sein du collectif Fourmillard et dans la boutique du même nom ? Virginie Lakatos (créatrice d'objets décos et écolos), Mélanie Lecomte (ébénisterie et décoration), Mamzel Tuti (créatrice d'accessoires, hoticultrice textile, customière de vieilleries), Cathy Garcia Canalès (poésie, récup'art et gribouglyphes), Aurélie (sculpteure sur pierre, modelage terre), Estelle Blanchon (origami), Marie-Janne Sellier (cuir et maroquinerie), Isabelle Salvan (créatrice de vêtements pour femmes), Mathilde Levez (réalisations en cuir), Mélodie Liquet (sérigraphies), Bastien Dengerma (ébéniste). La liste ne demande qu'à s'allonger pour multiplier les occasions de rêver dans les règles de l'art. Sachez enfin que les artistes et artisans du collectif exposeront leurs œuvres et effectueront des démonstrations au village du festival Let's Docks sur les Allées Fénelon, les 8 et 9 juin, dès 18 heures.


Le chiffre : 11

ARTISTES> Expo et vente. L'association Fourmillard compte pour l'instant 11 artistes et artisans d'art dans ses rangs (lire ci-contre). Les styles sont multiples. Les visiteurs ne peuvent qu'être comblés.

19/05/2018

La boutique Fourmillard, collectif d’artistes et d’artisans

 

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Du 15 mai au 15 octobre,

une partie publications Nouveaux Délits

ainsi que des créations artistiques & littéraires de Cathy Garcia  sont présentées

à la boutique Fourmillard - 60, rue du Portail Alban à Cahors (Lot)

en compagnie d'une multitude de belles et originales créations 100  % locales !

 

Inauguration samedi 19 mai à partir de 18 heures.

 

 

 

 

18/04/2018

Cathy Garcia - Exposition plurielle à Limogne-en-Quercy

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12/12/2017

L'art a sa place, le 16 décembre à Cahors

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30/11/2017

P'tit marché des arts hors normes à Cahors - du 2 au 4 décembre 2017

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06/11/2017

Fête du livre et de l'image d'Arcambal, 24-26 novembre 2017

 

Cathy Garcia et Nouveaux Délits sont invités au salon du livre

dans le cadre de la Fête du livre et de l'image d'Arcambal, 3ème édition 

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en savoir plus : http://www.fetedulivreetdelimage.fr/

 

 

 

01/12/2015

Un immense clin d'œil à mon ami et complice Jean-Louis Millet

Une association est un groupe de personnes qui se rassemblent autour d'une idée, d'un projet, d'un espoir, d'un idéal, et qui agissent en ce sens. Je suis la fondatrice de cette association, qui a donc sa base dans le Lot, un pied à terre littéralement, mais pour le reste, c'est surtout dans des relations au-delà des frontières du département et plus loin encore que cela se passe avant tout. C'est ce que permettent les technologies virtuelles, et la raison pour laquelle internet peut être considéré comme un outil extraordinaire. Il y avait au départ du lancement de l'association, outre de donner un cadre à la revue Nouveaux Délits, qui elle existe depuis 2003, une revue que j'ai créé  seule et que je réalise depuis, conçoit, imprime et fabrique donc à la maison, il y avait aussi d'autres envies, d'autres espoirs, d'autres rêves que je voulais ancrer surtout ici, en local, dans le Lot.

Et au final, plus de 12 ans après la création de la revue et 6 ans après la création de l'association, c'est bien en local qu'il y a le moins d'écho, ne serait-ce que concernant la revue. il faut dire que moins on arrive à intéresser les autres, moins on arrive à faire des choses et plus on galère pour en faire, et surtout être toute seule à bord limite considérablement les possibilités aussi.

Les contacts noués hors du département, autour de la revue et de mon propre travail d'auteur et artiste d'une façon plus large, sont pourtant innombrables, tellement que je manque de temps pour répondre à tout ça aussi, mais je voudrais vous remercier aujourd'hui, vous tous qui avez nourri de près ou de loin l'aventure des Nouveaux Délits  (et elle n'est pas terminée !) et vous êtes nombreuses et nombreux vous toutes et tous, parfois même depuis l'autre bout du monde, qui m'avez donné l'élan de continuer dans une situation toujours plus difficile, qu'on peut appeler précarité et isolement, l'une entraînant souvent l'autre.

Je voudrais surtout aujourd'hui vous présenter un complice, l'unique en fait, qui bien qu'éloigné géographiquement (il vit en région parisienne) a permis grâce à son implication et son dévouement permanents, que je ne sois pas une association à moi toute seule, et de pouvoir dire donc que nous sommes DEUX, et je veux le remercier lui tout particulièrement, ici et maintenant, pour sa présence et son intérêt fidèles et extrêmement encourageants, sa confiance et sa générosité, quand on considère que finalement cette relation jusqu'à aujourd'hui a été purement virtuelle, puisque nous n'avons pas eu le plaisir de nous rencontrer pour de vrai, et pourtant je peux dire que c'est un AMI et les ami(e)s comme ça, c'est rare... et que de réalisations concrètes nées de cette amitié !

Le remercier pour tout ce qu'il a fait et fera encore sans aucun doute, et je vous invite donc à découvrir Jean-Louis Millet (jlmi) et toute la richesse et la multitude de ses talents, ici sur son site Zen Evasion, à la page de son egoblog, un ego d'une rare discrétion aussi :

http://www.zen-evasion.com/egobio.htm

 

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Merci Jean-Louis !

 

 

 

08/11/2015

Littérature Jeunesse dans Collection (la Cause Littéraire avec les Editions de Londres)

 

  

par Myriam Bendhif-Syllas

Prix : 2.99 €
ISBN : 978-1-910628-41-6
Nombre de pages : 302 pages
Langue du livre : français

Thème : Nouveautés!

Lorsque la Cause Littéraire a débuté, l’équipe s’est proposé de parler de littérature, de façon non professionnelle certes mais avec le plus grand sérieux, une égale attention apportée à chaque titre et un regard ouvert, précis et amoureux. Car, ce dont il s’agit ici, c’est bel et bien d’amour, d’amour de la littérature sous toutes ses formes, en toute liberté, dans un désir de partage avec les lecteurs de la revue.

Alors, soutenus par la rédaction et par un groupe de rédacteurs volontaires, nous nous sommes décidés à donner toute sa place à la littérature jeunesse. Sans faire d’exceptions, de l’album pour tous petits à l’album documentaire, des premiers romans aux récits pour adolescents et jeunes adultes, en passant par le pop-up, la BD et les livres-CD. Cette littérature en pleine expansion, riche d’une rare créativité, méritait qu’on lui accorde le même sérieux, la même attention, le même regard que ceux dont bénéficiaient les œuvres destinées aux adultes.

La Cause Littéraire, en tant que revue numérique indépendante, a été et est aujourd’hui un espace idéal pour développer cette démarche. Si nos articles suivent un certain cadre, une éthique commune, ils demeurent libres dans leur mode d’expression. Il nous est possible de prendre le temps de développer les aspects qui paraissent importants ou remarquables, de parler du graphisme, du format atypique, de citer les textes et d’analyser des images sans risque de sortir du nombre limité de caractères. Il semble que cet aspect soit particulièrement apprécié de nos lecteurs, des auteurs également. Ces retours constituent une grande satisfaction et un encouragement à poursuivre en cette voie.

Le numéro 3 de « Collection » vous propose un florilège de ces lectures qui nous ont marqués, amusés, interpellés et qui pourront être partagées par d’autres via cette publication. Nous espérons qu’elle participera à la prise de conscience des adultes vis-à-vis des productions jeunesse car ils en sont les premiers lecteurs, les acheteurs, les prescripteurs. Ils sont en effet les premiers passeurs de livres pour les plus jeunes. Dans une certaine mesure, ce sont aussi à eux que sont destinés tous ces ouvrages qui transitent par leur lecture avant d’être remis entre les mains des enfants et adolescents. Notre conviction profonde est que la littérature pour la jeunesse est une partie de la littérature dans son ensemble et qu’elle s’adresse, en réalité, à un public bien plus large que celui qu’on veut bien lui prêter. Ces ouvrages peuvent se lire à partir d’un certain âge, mais sans limite d’âge aucune. Alors laissez-vous tenter, oubliez que vous êtes devenus des adultes et venez découvrir ces coups de cœur et ses surprenants livres qui viennent nous lier tous, grands et petits, dans cet amour fondateur et fondamental qu’est l’amour de la lecture.

Nous avons choisi de réunir les articles non en fonction de l’âge potentiel des lecteurs ‒ même si celui-ci est précisé en fin d’article ‒ mais en fonction des genres ou des atmosphères. Ce classement s’avère indicatif car certains livres y échappent bien entendu ; certains étant hybrides, à cheval sur plusieurs genres, voire inclassables. Nous commencerons par l’humour qui du sourire au rire traverse bon nombre des productions jeunesse ; viennent ensuite des contes d’hier et d’aujourd’hui, des contes revisités ou inventés, des récits d’aventures palpitants puis des récits historiques de toutes les époques. Des livres documentaires variés tant par leur forme que par leur contenu. Enfin, les récits fantastiques et de science-fiction précèdent les drames et thrillers. Une dernière et brève catégorie est consacrée à quelques inclassables, retenus pour leurs qualités et leur singularité.

Je souhaite remercier les rédacteurs qui ont contribué par leur motivation, leur talent, à ce travail durant plusieurs années et qui ont accepté de voir leurs textes réunis dans ce volume : Valérie Debieux, Laetitia Steinbach, Olivier Verdun, Cathy Garcia et Emily Vaquié.

Myriam Bendhif-Syllas

 

http://www.editionsdelondres.com/Litterature-Jeunesse

 

 

 

 

 

04/11/2015

Rencontre avec Abdelmadjid Kaouah

à l’occasion de la sortie de son livre Que pèse une vitre qu’on brise - ARAK Editions, ALGER-                                                                                    

MERCREDI 18 NOVEMBRE À 19H

TERRA NOVA LIBRAIRIE                                                                                                                                                  

18, rue Gambetta 3100 Toulouse

Tél : 05 61 21 17 47

        

La présentation du livre sera accompagnée d’une lecture musicale par Danielle Catala et Mohammed Amine Tilioua (au violon).

 

‘’Profonds et lapidaires, hantés par le souvenir des compagnons assassinés ou traversés par les douleurs de l’exil, les poèmes du recueil ‘’Que pèse une vitre qu’on brise’’ d’Abdelmadjid Kaouah témoignent de plus de quarante ans d’écriture et de la place du poète dans l’histoire de la poésie algérienne francophone’’. Fodhil Belloul

 

 

 

25/07/2015

Gilles LADES se livre sur Radio Occitania

 

 « Le chemin est sans indulgence pour qui s’en détourne », avertissait Edmond Jabès. Gilles Lades ne s’est jamais détourné du chemin. Il chemine toujours, parfois dans des « Chemins contremonts ». Il nous ouvre la route et nous invite à le suivre pour contempler toutes choses comme elles sont, c’est-à-dire, infinies. Sa vision du monde qu’il nous livre au terme d’étincelants recueils, pourrait s’inscrire dans ces trois vers de Gary Snyder :

 

Ni paradis, ni chute

 Seule la terre qui perdure

 Le ciel toujours en mouvement.

 

 

Une assertion de René Char plaisait beaucoup à Gaston Puel : « Les peintres sont les témoins, nous les poètes, nous sommes les acteurs ». En écrivant cela, je prends conscience de ce que Gaston Puel manque. Et je me console avec le jugement de Michel Del Castillo : « Ceux qui manquent ne meurent point. Ils occupent ce vide qui nous hante et auquel nous nous heurtons ».

 

Gilles Lades est un acteur du monde. Ses livres sont des actes qui mettent le feu aux fusées éclairantes qui nous font deviner le monde dans une beauté inattendue et pourtant familière qu’il nous révèle. Ce poète d’une noble pudeur se livre dans l’émission du jeudi 16 juillet 2015 que je vous invite à écouter en cliquant sur :

http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

 

 

Le compte-rendu de l’émission:

 

*

Cette émission complète les émissions déjà consacrées à Gilles Lades. Dans les premières émissions, il a été donné essentiellement lecture des poèmes de cet auteur qui éclaire la poésie d’expression française depuis près de 40 ans et qui, à l’apogée de son art, poursuit son œuvre, la prolonge avec l’humilité - devant la force de la parole ainsi créée - des plus grands artistes de notre temps. L’homme est discret, s’efface et laisse généralement tout l’espace à ses textes.

 

Dans cette émission centrée sur l’entretien avec Christian Saint-Paul, fait rare, il se livre. Le poète se laisse approcher, s’explique sans détours sur les arcanes de sa création littéraire, dominée par la poésie. Gilles Lades est aussi un critique de talent qui saisit avec justesse le sens des textes et dispense cette clarté sur les livres et les poètes dont il parle.

 

Ce qui lui est demandé ce jeudi soir de juillet, c’est d’être à la fois l’objet et le sujet ; même s’il est plus facile de parler des autres que de soi, Gilles Lades réussit étonnamment l’exercice, avec toujours cette humilité naturelle au sens le plus noble du terme.

Nous apprenons qu’il a écrit au sortir de l’adolescence. Émergeant de « ces profondeurs difficiles », il vécut une sorte de crise d’identité. Il s’aperçut que l’écriture pouvait l’aider à se retrouver lui-même. Son premier réflexe fut de se réfugier dans la poésie classique. Puis la lecture des poètes contemporains l’orienta vers la modernité. L’aventure intérieure solitaire était en route. Très vite, elle prend une autre dimension. 

 

Etudiant en Lettres, il comprend qu’il fait de la littérature. L’écriture est alors un enjeu bien au-delà de l’apprivoisement des tourments adolescents. Il va falloir dire le monde. Et évaluer cette parole. Il lance alors des messages. Il adresse des textes à Jean Malrieu qui lui répond : « vos poèmes sont bons ». Il voit Joseph Deltheil qui lui prodigue ce conseil : « il faut vous assurer que vous êtes plein de vous-même ». La formule fera mouche. Gilles Lades n’écrira que lorsqu’il sera assuré « d’être plein de lui-même ».

 

C’est alors que durant ces premières années de professorat, loin de son Sud-ouest chéri et immergé dans l’apprentissage d’un métier accapareur, il observa un silence initiatique. Six ou sept ans. Puis l’écriture revint. On se forge à travers le doute, constata-t-il. Ce doute, qui est donc une force, lui fait aussi connaître « des moments de désert ». La lecture de René-Guy Cadou lui a donné l’élan pour trouver sa propre harmonie.

Les recueils vont alors se succéder. Ils naissent d’une « liasse écrite pendant un ou deux ans ». Le livre « Le pays scellé » rend compte d’un temps et d’un espace un peu bloqué. Pour « Le chemin contremont », tous les poèmes venaient se magnétiser sur cette idée de montée. « Lente lumière » est le constat de ne pouvoir faire émerger la lumière que difficilement. Pour chaque livre, explique le poète, je suis animé d’une idée forte.

 

Cependant, l’auteur n’est jamais dans la certitude. Inguérissable maladie bienfaisante du doute. A chaque livre, il faut tout reprendre à zéro. Recommencer en innovant sans cesse.

Dans sa posture de poète, Gilles Lades se juge « désintéressé ». Le seul enjeu est l’aboutissement d’une écriture, la mieux réussie possible. « Je ne crois pas être doué pour le bonheur, avoue-t-il, vivre c’est magnifique pourvu qu’on ait un peu de liberté ».

C’est un grand lecteur de poésie. Il signe des critiques pour des revues, notamment pour « Friches ». Il aime relire Verlaine, Cadou, des ciseleurs comme Reverdy. Il a éprouvé un peu de crainte face au surréalisme, mais André Breton est un très grand poète. Il lit beaucoup les poètes étrangers, considérant que tous les grands auteurs sont à découvrir au fil de leurs œuvres.

 

A partir d’un certain moment, son écriture s’est resserrée. La poésie est l’art de la quintessence. Le choix des mots le hante assez. « Est-ce le mot juste ? » Pour s’en assurer, il faut ressentir un brusque décalage. Le mot doit être inattendu. C’est la pratique du discernement.

Pour Gilles Lades, la poésie n’est ni inutile ni gratuite. Elle est au commencement de l’homme. Dans la pratique de la poésie, on ne peut qu’être en prise avec le destin.

 

L’entretien est entrecoupé de lecture de poèmes.

 

Inédits de Gilles Lades :

 

Le bleu d'hiver

adouci de grands bois

questionne qui seras-tu

qu'as-tu perdu de toi ?

 

pourrais-tu demeurer

seul dans le cercle des jours

face aux pierres dressées

le chiffre des années

les versants d'ombre

sondant vers l'absolu silence ?

 

qui t'aurait forcé d'être

différent face aux mêmes collines

de t'assombrir comme renié

par le dévoilement de l'aube ?

 

que deviendraient les mots

une première fois tramés sur le métier

puis laissés libres à courir jusqu'au bord du vide

délaissés du souffle ? 

*

Page nouvelle

pour le vers ou la ligne

continue ronde

emmeneuse de mots de mémoire

de villes de rumeurs

de front fermé sur l'impossible

 

page

qui m'attend

que j'espère

au début de moi-même

de barrières levées sur la piste blanchie

par l'arrivée soudaine d'un pépiement de fleurs

par le souffle écrivant le long des rameaux du jasmin

*

 

par Christian Saint-Paul  

émission à écouter sur http://les-poetes.fr