Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/12/2015

Un immense clin d'œil à mon ami et complice Jean-Louis Millet

Une association est un groupe de personnes qui se rassemblent autour d'une idée, d'un projet, d'un espoir, d'un idéal, et qui agissent en ce sens. Je suis la fondatrice de cette association, qui a donc sa base dans le Lot, un pied à terre littéralement, mais pour le reste, c'est surtout dans des relations au-delà des frontières du département et plus loin encore que cela se passe avant tout. C'est ce que permettent les technologies virtuelles, et la raison pour laquelle internet peut être considéré comme un outil extraordinaire. Il y avait au départ du lancement de l'association, outre de donner un cadre à la revue Nouveaux Délits, qui elle existe depuis 2003, une revue que j'ai créé  seule et que je réalise depuis, conçoit, imprime et fabrique donc à la maison, il y avait aussi d'autres envies, d'autres espoirs, d'autres rêves que je voulais ancrer surtout ici, en local, dans le Lot.

Et au final, plus de 12 ans après la création de la revue et 6 ans après la création de l'association, c'est bien en local qu'il y a le moins d'écho, ne serait-ce que concernant la revue. il faut dire que moins on arrive à intéresser les autres, moins on arrive à faire des choses et plus on galère pour en faire, et surtout être toute seule à bord limite considérablement les possibilités aussi.

Les contacts noués hors du département, autour de la revue et de mon propre travail d'auteur et artiste d'une façon plus large, sont pourtant innombrables, tellement que je manque de temps pour répondre à tout ça aussi, mais je voudrais vous remercier aujourd'hui, vous tous qui avez nourri de près ou de loin l'aventure des Nouveaux Délits  (et elle n'est pas terminée !) et vous êtes nombreuses et nombreux vous toutes et tous, parfois même depuis l'autre bout du monde, qui m'avez donné l'élan de continuer dans une situation toujours plus difficile, qu'on peut appeler précarité et isolement, l'une entraînant souvent l'autre.

Je voudrais surtout aujourd'hui vous présenter un complice, l'unique en fait, qui bien qu'éloigné géographiquement (il vit en région parisienne) a permis grâce à son implication et son dévouement permanents, que je ne sois pas une association à moi toute seule, et de pouvoir dire donc que nous sommes DEUX, et je veux le remercier lui tout particulièrement, ici et maintenant, pour sa présence et son intérêt fidèles et extrêmement encourageants, sa confiance et sa générosité, quand on considère que finalement cette relation jusqu'à aujourd'hui a été purement virtuelle, puisque nous n'avons pas eu le plaisir de nous rencontrer pour de vrai, et pourtant je peux dire que c'est un AMI et les ami(e)s comme ça, c'est rare... et que de réalisations concrètes nées de cette amitié !

Le remercier pour tout ce qu'il a fait et fera encore sans aucun doute, et je vous invite donc à découvrir Jean-Louis Millet (jlmi) et toute la richesse et la multitude de ses talents, ici sur son site Zen Evasion, à la page de son egoblog, un ego d'une rare discrétion aussi :

http://www.zen-evasion.com/egobio.htm

 

jlm090523.jpg

Merci Jean-Louis !

 

 

 

08/11/2015

Littérature Jeunesse dans Collection (la Cause Littéraire avec les Editions de Londres)

 

  

par Myriam Bendhif-Syllas

Prix : 2.99 €
ISBN : 978-1-910628-41-6
Nombre de pages : 302 pages
Langue du livre : français

Thème : Nouveautés!

Lorsque la Cause Littéraire a débuté, l’équipe s’est proposé de parler de littérature, de façon non professionnelle certes mais avec le plus grand sérieux, une égale attention apportée à chaque titre et un regard ouvert, précis et amoureux. Car, ce dont il s’agit ici, c’est bel et bien d’amour, d’amour de la littérature sous toutes ses formes, en toute liberté, dans un désir de partage avec les lecteurs de la revue.

Alors, soutenus par la rédaction et par un groupe de rédacteurs volontaires, nous nous sommes décidés à donner toute sa place à la littérature jeunesse. Sans faire d’exceptions, de l’album pour tous petits à l’album documentaire, des premiers romans aux récits pour adolescents et jeunes adultes, en passant par le pop-up, la BD et les livres-CD. Cette littérature en pleine expansion, riche d’une rare créativité, méritait qu’on lui accorde le même sérieux, la même attention, le même regard que ceux dont bénéficiaient les œuvres destinées aux adultes.

La Cause Littéraire, en tant que revue numérique indépendante, a été et est aujourd’hui un espace idéal pour développer cette démarche. Si nos articles suivent un certain cadre, une éthique commune, ils demeurent libres dans leur mode d’expression. Il nous est possible de prendre le temps de développer les aspects qui paraissent importants ou remarquables, de parler du graphisme, du format atypique, de citer les textes et d’analyser des images sans risque de sortir du nombre limité de caractères. Il semble que cet aspect soit particulièrement apprécié de nos lecteurs, des auteurs également. Ces retours constituent une grande satisfaction et un encouragement à poursuivre en cette voie.

Le numéro 3 de « Collection » vous propose un florilège de ces lectures qui nous ont marqués, amusés, interpellés et qui pourront être partagées par d’autres via cette publication. Nous espérons qu’elle participera à la prise de conscience des adultes vis-à-vis des productions jeunesse car ils en sont les premiers lecteurs, les acheteurs, les prescripteurs. Ils sont en effet les premiers passeurs de livres pour les plus jeunes. Dans une certaine mesure, ce sont aussi à eux que sont destinés tous ces ouvrages qui transitent par leur lecture avant d’être remis entre les mains des enfants et adolescents. Notre conviction profonde est que la littérature pour la jeunesse est une partie de la littérature dans son ensemble et qu’elle s’adresse, en réalité, à un public bien plus large que celui qu’on veut bien lui prêter. Ces ouvrages peuvent se lire à partir d’un certain âge, mais sans limite d’âge aucune. Alors laissez-vous tenter, oubliez que vous êtes devenus des adultes et venez découvrir ces coups de cœur et ses surprenants livres qui viennent nous lier tous, grands et petits, dans cet amour fondateur et fondamental qu’est l’amour de la lecture.

Nous avons choisi de réunir les articles non en fonction de l’âge potentiel des lecteurs ‒ même si celui-ci est précisé en fin d’article ‒ mais en fonction des genres ou des atmosphères. Ce classement s’avère indicatif car certains livres y échappent bien entendu ; certains étant hybrides, à cheval sur plusieurs genres, voire inclassables. Nous commencerons par l’humour qui du sourire au rire traverse bon nombre des productions jeunesse ; viennent ensuite des contes d’hier et d’aujourd’hui, des contes revisités ou inventés, des récits d’aventures palpitants puis des récits historiques de toutes les époques. Des livres documentaires variés tant par leur forme que par leur contenu. Enfin, les récits fantastiques et de science-fiction précèdent les drames et thrillers. Une dernière et brève catégorie est consacrée à quelques inclassables, retenus pour leurs qualités et leur singularité.

Je souhaite remercier les rédacteurs qui ont contribué par leur motivation, leur talent, à ce travail durant plusieurs années et qui ont accepté de voir leurs textes réunis dans ce volume : Valérie Debieux, Laetitia Steinbach, Olivier Verdun, Cathy Garcia et Emily Vaquié.

Myriam Bendhif-Syllas

 

http://www.editionsdelondres.com/Litterature-Jeunesse

 

 

 

 

 

04/11/2015

Rencontre avec Abdelmadjid Kaouah

à l’occasion de la sortie de son livre Que pèse une vitre qu’on brise - ARAK Editions, ALGER-                                                                                    

MERCREDI 18 NOVEMBRE À 19H

TERRA NOVA LIBRAIRIE                                                                                                                                                  

18, rue Gambetta 3100 Toulouse

Tél : 05 61 21 17 47

        

La présentation du livre sera accompagnée d’une lecture musicale par Danielle Catala et Mohammed Amine Tilioua (au violon).

 

‘’Profonds et lapidaires, hantés par le souvenir des compagnons assassinés ou traversés par les douleurs de l’exil, les poèmes du recueil ‘’Que pèse une vitre qu’on brise’’ d’Abdelmadjid Kaouah témoignent de plus de quarante ans d’écriture et de la place du poète dans l’histoire de la poésie algérienne francophone’’. Fodhil Belloul

 

 

 

25/07/2015

Gilles LADES se livre sur Radio Occitania

 

 « Le chemin est sans indulgence pour qui s’en détourne », avertissait Edmond Jabès. Gilles Lades ne s’est jamais détourné du chemin. Il chemine toujours, parfois dans des « Chemins contremonts ». Il nous ouvre la route et nous invite à le suivre pour contempler toutes choses comme elles sont, c’est-à-dire, infinies. Sa vision du monde qu’il nous livre au terme d’étincelants recueils, pourrait s’inscrire dans ces trois vers de Gary Snyder :

 

Ni paradis, ni chute

 Seule la terre qui perdure

 Le ciel toujours en mouvement.

 

 

Une assertion de René Char plaisait beaucoup à Gaston Puel : « Les peintres sont les témoins, nous les poètes, nous sommes les acteurs ». En écrivant cela, je prends conscience de ce que Gaston Puel manque. Et je me console avec le jugement de Michel Del Castillo : « Ceux qui manquent ne meurent point. Ils occupent ce vide qui nous hante et auquel nous nous heurtons ».

 

Gilles Lades est un acteur du monde. Ses livres sont des actes qui mettent le feu aux fusées éclairantes qui nous font deviner le monde dans une beauté inattendue et pourtant familière qu’il nous révèle. Ce poète d’une noble pudeur se livre dans l’émission du jeudi 16 juillet 2015 que je vous invite à écouter en cliquant sur :

http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

 

 

Le compte-rendu de l’émission:

 

*

Cette émission complète les émissions déjà consacrées à Gilles Lades. Dans les premières émissions, il a été donné essentiellement lecture des poèmes de cet auteur qui éclaire la poésie d’expression française depuis près de 40 ans et qui, à l’apogée de son art, poursuit son œuvre, la prolonge avec l’humilité - devant la force de la parole ainsi créée - des plus grands artistes de notre temps. L’homme est discret, s’efface et laisse généralement tout l’espace à ses textes.

 

Dans cette émission centrée sur l’entretien avec Christian Saint-Paul, fait rare, il se livre. Le poète se laisse approcher, s’explique sans détours sur les arcanes de sa création littéraire, dominée par la poésie. Gilles Lades est aussi un critique de talent qui saisit avec justesse le sens des textes et dispense cette clarté sur les livres et les poètes dont il parle.

 

Ce qui lui est demandé ce jeudi soir de juillet, c’est d’être à la fois l’objet et le sujet ; même s’il est plus facile de parler des autres que de soi, Gilles Lades réussit étonnamment l’exercice, avec toujours cette humilité naturelle au sens le plus noble du terme.

Nous apprenons qu’il a écrit au sortir de l’adolescence. Émergeant de « ces profondeurs difficiles », il vécut une sorte de crise d’identité. Il s’aperçut que l’écriture pouvait l’aider à se retrouver lui-même. Son premier réflexe fut de se réfugier dans la poésie classique. Puis la lecture des poètes contemporains l’orienta vers la modernité. L’aventure intérieure solitaire était en route. Très vite, elle prend une autre dimension. 

 

Etudiant en Lettres, il comprend qu’il fait de la littérature. L’écriture est alors un enjeu bien au-delà de l’apprivoisement des tourments adolescents. Il va falloir dire le monde. Et évaluer cette parole. Il lance alors des messages. Il adresse des textes à Jean Malrieu qui lui répond : « vos poèmes sont bons ». Il voit Joseph Deltheil qui lui prodigue ce conseil : « il faut vous assurer que vous êtes plein de vous-même ». La formule fera mouche. Gilles Lades n’écrira que lorsqu’il sera assuré « d’être plein de lui-même ».

 

C’est alors que durant ces premières années de professorat, loin de son Sud-ouest chéri et immergé dans l’apprentissage d’un métier accapareur, il observa un silence initiatique. Six ou sept ans. Puis l’écriture revint. On se forge à travers le doute, constata-t-il. Ce doute, qui est donc une force, lui fait aussi connaître « des moments de désert ». La lecture de René-Guy Cadou lui a donné l’élan pour trouver sa propre harmonie.

Les recueils vont alors se succéder. Ils naissent d’une « liasse écrite pendant un ou deux ans ». Le livre « Le pays scellé » rend compte d’un temps et d’un espace un peu bloqué. Pour « Le chemin contremont », tous les poèmes venaient se magnétiser sur cette idée de montée. « Lente lumière » est le constat de ne pouvoir faire émerger la lumière que difficilement. Pour chaque livre, explique le poète, je suis animé d’une idée forte.

 

Cependant, l’auteur n’est jamais dans la certitude. Inguérissable maladie bienfaisante du doute. A chaque livre, il faut tout reprendre à zéro. Recommencer en innovant sans cesse.

Dans sa posture de poète, Gilles Lades se juge « désintéressé ». Le seul enjeu est l’aboutissement d’une écriture, la mieux réussie possible. « Je ne crois pas être doué pour le bonheur, avoue-t-il, vivre c’est magnifique pourvu qu’on ait un peu de liberté ».

C’est un grand lecteur de poésie. Il signe des critiques pour des revues, notamment pour « Friches ». Il aime relire Verlaine, Cadou, des ciseleurs comme Reverdy. Il a éprouvé un peu de crainte face au surréalisme, mais André Breton est un très grand poète. Il lit beaucoup les poètes étrangers, considérant que tous les grands auteurs sont à découvrir au fil de leurs œuvres.

 

A partir d’un certain moment, son écriture s’est resserrée. La poésie est l’art de la quintessence. Le choix des mots le hante assez. « Est-ce le mot juste ? » Pour s’en assurer, il faut ressentir un brusque décalage. Le mot doit être inattendu. C’est la pratique du discernement.

Pour Gilles Lades, la poésie n’est ni inutile ni gratuite. Elle est au commencement de l’homme. Dans la pratique de la poésie, on ne peut qu’être en prise avec le destin.

 

L’entretien est entrecoupé de lecture de poèmes.

 

Inédits de Gilles Lades :

 

Le bleu d'hiver

adouci de grands bois

questionne qui seras-tu

qu'as-tu perdu de toi ?

 

pourrais-tu demeurer

seul dans le cercle des jours

face aux pierres dressées

le chiffre des années

les versants d'ombre

sondant vers l'absolu silence ?

 

qui t'aurait forcé d'être

différent face aux mêmes collines

de t'assombrir comme renié

par le dévoilement de l'aube ?

 

que deviendraient les mots

une première fois tramés sur le métier

puis laissés libres à courir jusqu'au bord du vide

délaissés du souffle ? 

*

Page nouvelle

pour le vers ou la ligne

continue ronde

emmeneuse de mots de mémoire

de villes de rumeurs

de front fermé sur l'impossible

 

page

qui m'attend

que j'espère

au début de moi-même

de barrières levées sur la piste blanchie

par l'arrivée soudaine d'un pépiement de fleurs

par le souffle écrivant le long des rameaux du jasmin

*

 

par Christian Saint-Paul  

émission à écouter sur http://les-poetes.fr

 

 

 

17/07/2015

Retrouvez Cathy Garcia au GRAND DEBAL'ART - NAUCELLE (12) - 18 juillet 2015

Affiche debal'art#3 pour web.jpeg

Gilles Lades, invité de l'émission de Christian Saint-Paul, Les Poètes

C'est le poète américain Wallace Stevens, qui écrit qu' "un poème est un détail de la vie auquel on a pensé si longtemps que la pensée qui s'y est attachée, en est devenue une part inséparable, ou encore c'est un détail de la vie ressenti avec tant d'intensité que la sensation a pénétré en lui". Gilles LADES, dans une oeuvre aujourd'hui conséquente, a cerné les "détails de la vie" où se niche la poésie, avec une acuité si intense, qu'elle élague tout superflu. La simplicité de ton qui en résulte pour une analyse de choses si complexes (la vie !), est l'apanage de la poésie, celle dont on sait immédiatement qu'elle survivra au naufrage de la mode.

 
Le compte-rendu de l'émission du 2 juin : 

« La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà le drame de l’écrivain », avait coutume de dire Julien Green. Le livre de Guy Girard, poèmes associés aux polaroïds de Christian Martinache, préface de Jean-Pierre Lassalle, Le Grand Tamanoir Editeur, 98 pages, 12 €, est un peu un démenti à la déploration de Green. La surréalité du monde est saisie au vol par les deux artistes. Et les mots ont chaussé les bottes de sept lieues pour marcher au rythme d’une pensée emballée. Le surréalisme qui a opéré la plus profonde des révolutions en poésie, certainement plus que dans les autres arts, et imprègne qu’on le reconnaisse ou non, notre poésie actuelle, compte toujours des adeptes de talents. Guy Girard, nous dit son préfacier Jean-Pierre Lassalle, poète surréaliste lui aussi, répond aux exigences énoncées par André Breton selon lesquelles « il n’y avait de poésie qu’avec le ton, l’image, le souffle ». Et, insiste Lassalle, l’originalité des images de Guy Girard « renouvelle la métaphore et l’hypallage : « la laine hilare des taupinières », "une petite fille de mercure qui nidifie sur la banquise de l’impatience », etc. Le poète est, par ailleurs, un plasticien : « il épie les faillites de l’objet », cette phrase est saluée par le préfacier comme « une phrase-prisme qui réfracte une part des interrogations de l’art contemporain ». Ce bien beau livre, avec des polaroïds en couleurs (pour 12 € !) de Christian Martinache, plasticien de haut vol, honore la poésie surréaliste, toujours présente et vivace. Nous solliciterons Jean-Pierre Lassalle, Mainteneur de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, pour approfondir l’impact des surréalistes et évoquer aussi son œuvre personnelle. Lecture d’extraits du livre.
A signaler également,dans l’immédiat, l’article à lire pour mieux connaître la personnalité de René Nelli qui a été publié dans la revue
« La sœur de l’ange » N° 14 (2015) : « René Nelli et Toulouse : des amours difficiles ».Nous reviendrons sur ce sujet et sur cet article dont le titre est loin de nous surprendre, dans une prochaine émission sur René Nelli.

*

Un petit éditeur toulousain, ou plus exactement un éditeur indépendant, Jean-Pierre Paraggio, publie dans sa collection de l’umbo Passage du Sud-Ouest : « Où mes ruines sont fixes » de Mauro Placi avec un frontispice de Claude Barrère.
Des poèmes, comme des cris d’interrogation, dont le ton est magnifiquement résumé par l’auteur lui-même dans un des textes du livre :

" Poèmes d'un lent échouage, d'une accalmie funèbre, muette, qui tire sur la corde jusqu'à la voix.

Et pourtant une main qui consigne, qui parle long, qui voudrait convaincre les mots que l'exigence perdure, que le cœur n'est pas faible, que la Ville est ouverte, toujours. "

Il y a comme un renoncement douloureux dans ce recueil à la beauté noire envoûtante, parce qu’il y a, là aussi, le souffle, le ton, l’image.

Et le frontispice de Claude Barrère, qui tire sa force de la méticulosité du détail de sa fabrication, est désormais un « classique » de cet artiste dont le style affirmé est immédiatement repérable. En résumé, de la belle ouvrage que ce petit recueil publié par Jean-Pierre Paraggio.

*

L’émission est ensuite consacrée à Gilles Lades. Elle sera suivie d’autres émissions sur ce poète qui vit à Figeac, ville où il est né en 1949. Il a été professeur de Lettres dans plusieurs académies, avant de retrouver le Lot au cours des années 80. Il a publié de nombreux recueils de poésie depuis 1977. Parmi les plus récents : "Lente lumière", éd. L'Armourier, 2002,"Le temps désuni", éd. Sac à mots, 2005, "Vue seconde", éd. Encres Vives, 2008, "Témoins de fortune", éd. L'Arrière Pays, 2010, "Au bout des pas de source", éd.Trames et La Porte, 2014.

Il est également l'auteur de récits et de nouvelles : "Dans le chemin de buis" éd. Le Laquet, 1998, "Sept solitudes" éd. Le Laquet, 2000, ainsi que d'études de paysages : "Rocamadour, le sanctuaire et le gouffre" éd. Tertium, 2006, "Les vergers de la Vicomté" éd. Tertium, 2010. Il a composé une anthologie des poètes du Quercy éd. Le Laquet, 2001.

La poésie de Gilles Lades occupe une place prépondérante, et bien cernée, dans la mosaïque de plus en plus vaste de la poésie d’expression française. Il est, par le ton, le voisin immédiat de son ami Michel Cosem. Une écriture irrépressible qui quitte le corps qui l’a créée et qui la retenait, avec une maîtrise savamment calculée. Lades est avant tout un orfèvre. Il cisèle la langue, l’enferme au cordeau dans les mots justes et suffisants. Tout est dans cet équilibre étincelant. L’homme est pudique, ce qui pourrait être un handicap en poésie. Mais il n’élude pas la réalité. C’est un poète de la lucidité. Il ne la crie pas. Il la laisse voir en filigrane. Dans certains recueils, l’angoisse est là, tapie sous quelques mots. Elle devient familière, non envahissante, inquiétude qu’il faut bien apprivoiser. Cette inquiétude inhérente à l’état deviné du monde, de la difficulté de s’harmoniser à ce monde, ne peut s’apaiser que dans le travail de création. Etre poète, c’est être un artiste au travail. Paradoxalement, pour trouver sa place dans le monde et chanter le monde, il faut se « défamiliariser » d’avec l’état entrevu de ce monde.

C’est ainsi que « la terre est bleue comme une orange ». Il faut énoncer le monde en le renouvelant. En l’offrant sous un jour surprenant mais plus juste ;
Et qu’est-ce qui accroche le regard de chacun ? Les lieux de notre présence, les lieux traversés. Dire les lieux, c’est peindre le particulier, le détail, unique, croit-on, et pourtant qui confine, s’il est bien saisi, à l’universel. Et à cet exercice, Gilles Lades, dans toute son œuvre de poésie de célébration, excelle. Ses mots précis, retenus, grattent le paysage jusqu’à l’os. Un de ses derniers recueils
« Village à l’Embrasure » (Encres  Vives, collection Lieu), avec une économie de mots poussée à son comble, cerne le réel d’après les photographies, subversives, comme toutes les photographies, de Jérémie Fauré. Et dans cette suite de poèmes fulgurants, à l’instar des instantanés du photographe, Gilles Lades construit son art et parvient par là-même à la sérénité : « devenir / le silence / de la paix / d’octobre ».

Lecture par Christian Saint-Paul de « Village à l’Embrasure ».

Dans « Chemins croisés » (La Porte éd. 2015, 3,83 € - livret à commander à Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin, 02000 Laon), le ton est plus ample, la phrase plus large. C’est la vie du poète qui remonte des profondeurs et l’interroge. La douceur de la mère, de l’été, du jardin, de la maison d’enfance, relie une nostalgie sans pathos, mesurée, mais terriblement lucide : « Pays qui s’en va / seul / avec ses morts / qui le regardent ». Un petit chef d’œuvre où le poète, à sa façon toujours pudique, maîtrisée, se livre intimement. Cette retenue donne une force à l’émotion qui est un grand plaisir de lecture.

 

Enfin, avec son ami Claude Barrère, poète et plasticien, Gilles Lades a fait paraître un livre d’artiste chez Trames « Une source au bout des pas », un régal pour les yeux, avec les gravures de Claude Barrère et le luxe de l’impression, et pour le texte conçu dans la perfection, de Gilles Lades.

*

Chaque hiver

les troncs se redessinent

comme pour atteindre

la pureté du symbole

 

ils sont les remparts

d'un pacage tendre

dont la beauté brille

pour le seul inconnu,

dont le silence

habite la durée

comme l'arôme noir

les longs couloirs d'une maison

*

Gilles Lades, un poète du siècle, à coup sûr. Qu’il faut lire dans le recueillement pour écouter cette voix ténue, mais vive, comme une musique envoûtante dans le silence.

 

Vous pouvez écouter les poèmes de Gilles LADES en cliquant sur : http://les-poetes.fr/emmission/emmission.htmlet en allant à l'émission du jeudi 2 juin 2015.

Nous retrouverons Gilles LADES qui s'expliquera sur son art, le jeudi 26 juin 2015.

 

25/03/2015

Vient de paraître aux Ed. Gros Textes

 

 

garcia.jpg

 

30 essais de décollage du réel

1993-2013

 

Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d’homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C’est de bon cœur que je m’apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j’entendis pleurer les bombes et je vis l’automne passer sous les rails. Oui Monsieur ! J’ai donc ôté mes souliers et j’ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m’avez trouvée.

 

 

  

40 pages au format 14 x 21

orné de 12 pleines pages couleur avec des illustrations de l’auteur

imprimé sur papier bouffant munken 90 g

ISBN : 978-2-35082-273-0

 

9 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

 

Commande à :

Gros Textes

Fontfourane

05380 Châteauroux-les-Alpes

(Chèques à l’ordre de Gros Textes)

 

 

 

 

 

07/03/2015

Expo à Limogne en Quercy : Gribouglyphes de Cathy Garcia

affichecg 2015 small.jpg

 

 

06/03/2015

"Mon sublime ordinaire" à Théminettes

 

Les textes de Fanny Sheper ont été publiés pour la première fois dans le numéro 44 (janvier 2013) de la revue Nouveaux Délits et par la suite un spectacle est né de la rencontre de la poète et une danseuse.

Aussi j'ai le grand plaisir de me joindre à La compagnie Ligne Mouvante pour vous inviter à découvrir son spectacle "Mon sublime ordinaire" le samedi 14 mars à 19h dans la salle de spectacle de Théminettes (Les Bourg, 46120 Théminettes).

Réservation : lignemouvante@gmail.com

 

 

 Interview par Jean-Pierre Riu à écouter sur Antenne d'Oc - Figeac : http://www.antenne-d-oc.fr/article.php?id=129

 

 

1614517_358963090963197_5575766078843404825_o.jpg

       
"Mon sublime ordinaire" est une création pluridisciplinaire mêlant danse et poésie, dans une mise en scène théâtrale originale où la poésie du mouvement s'entremêle au rythme des mots. Ce spectacle donne ainsi reliefs et saveurs aux émotions de deux personnages ordinaires...et sublimes à la fois.
 
 
 Nous vous invitons à découvrir la compagnie via son site:
       www.lignemouvante.wordpress.com.
 
 
 
 

 

08/02/2015

Vient de paraître : Des ourses dans le ciel (Cathy Garcia & cie) par mgv2>publishing

 

front_cover.jpgVoici donc Des ourses dans le ciel ou Cathy Garcia & compagnie, 3ème volume de la série francophone X & compagnie. Après Stéphane Bernard en septembre et Thierry Roquet en novembre, la série revient sur toute l'année 2015, une fois tous les deux mois. Cathy Garcia a invité Guénane, Jany Pineau, Perrine Le Querrec, Diane Meunier et Murièle Modély. Féminine et puissante, la poésie des ourses plane au-dessus de celles des autres.

 

 

 

Couverture souple, illustration Cathy Garcia, 34 Pages, 5 euros

A commander par ici : http://www.lulu.com/shop/cathy-garcia-and-diane-meunier-a...

 

Pour toutes informations : mgv2publishing@gmail.com

http://mgv2publishing.blogspot.fr/